Politique

L’autre Bozizé

Mis à jour le 28 juillet 2010 à 13:56

Il est l’homme dont on parle à Bangui, mais ne venez surtout pas lui dire qu’il est un dauphin en puissance : « Ceux qui racontent cela ne connaissent pas mon père, répond Jean Francis Bozizé, 40 ans, ministre délégué à la Défense depuis 2008, il est plus exigeant avec moi qu’avec n’importe qui d’autre, et cette éventualité n’a jamais été envisagée entre nous. » Vraiment ? Le fils aîné du président n’en dira pas plus : peu loquace, volontiers taciturne, « JFB » cultive la discrétion dans son bureau ministériel du Camp Béal. Il est vrai que le dossier dont il est chargé – la réorganisation et la professionnalisation des Forces armées centrafricaines (Faca), longtemps gangrenées par les mutineries et les recrutements ethniques – n’est pas des plus faciles. Aujourd’hui colonel, Jean Francis Bozizé a effectué en France, où il a vécu pendant quinze ans, l’essentiel de sa formation militaire. Engagé chez les parachutistes du 6e RPIMa après des études de gestion, il a notamment servi à Sarajevo, où il a obtenu ses galons de caporal-chef. De retour en Centrafrique en 1996, il suit son général de père dans sa rébellion contre le régime de Patassé et coordonne pour son compte les groupes de « Patriotes » du Nord. En mars 2003, il entre dans Bangui à ses côtés, siège au sein du Conseil national de transition puis s’en va compléter ses études à l’Académie militaire de Pékin et à l’IHEDN de Paris.

Réputé sérieux et travailleur, le ministre des Faca, qui a également en charge la gendarmerie, est candidat à la députation en Moyenne-Sido aux prochaines législatives. Un pas de plus ? « Je vous vois venir, sourit-il, mais vous vous trompez. » Dont acte. Pour l’instant…