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Centres d’appels : protectionnisme à la française

Mis à jour le 29 juillet 2010 à 13:02

Le gouvernement français veut restreindre les décolicalisations de centres d’appels. © Pedro Lombardi/Webhelp

Laurent Wauquiez, le secrétaire d’État français à l’Emploi, est bien décidé à « sévir » contre la délocalisation des centres d’appels. Le 12 juillet, sur les ondes de RMC, il a annoncé que son gouvernement envisageait de surtaxer les appels en provenance des centres implantés à l’étranger. Les entreprises qui restent en France pourraient à l’inverse bénéficier d’« aides au recrutement, à la formation et à l’installation en zone rurale », et bénéficier d’un allègement de leurs charges sociales. Enfin, dans un souci de transparence, les centres d’appels pourraient être contraints d’annoncer à leurs clients leur localisation géographique.

Selon Bercy, le secteur représente 250 000 emplois en France. Un chiffre stable depuis 2004, alors que celui des emplois délocalisés est, dans le même temps, passé de 10 000 à 60 000. Les principaux bénéficiaires sont le Maroc (30 000 emplois), la Tunisie (12 000), mais aussi Maurice et le Sénégal, pays où le coût horaire de la main-d’œuvre (10-15 euros) est deux fois moins cher qu’en France.

Au Maroc, où la grande majorité des clients sont français, le chiffre d’affaires du secteur est de 3,4 milliards de dirhams (304,1 millions d’euros). Les autorités envisagent de créer 70 000 emplois dans l’offshoring d’ici à 2015. « Il n’est pas encore temps de polémiquer, aucune mesure n’ayant encore été prise. Mais il est clair que les pistes évoquées sont contraires à l’esprit d’ouverture économique », estime Ahmed Reda Chami, le ministre de l’Industrie et du Commerce, qui prépare avec Afif Chelbi, son homologue tunisien, une riposte coordonnée. Pour la Chambre syndicale des centres d’appels de Tunisie, « les mesures envisagées par la France sont totalement dépassées, inadaptées et déconnectées des réalités économiques. Si elles étaient adoptées, elles ne recevraient sans doute pas l’aval de la Commission européenne ».