Politique

Oublions le passé…

C’est en grande pompe qu’Omar el-Béchir, bravant les mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), a débarqué le 21 juillet à N’Djamena, où il a participé à un sommet de la Communauté des États sahélo-sahariens (Cen-Sad). Soucieux de marquer leur nouvelle entente, le président tchadien, Idriss Déby Itno, a tenu à accueillir personnellement son hôte soudanais. Et qu’importe si l’ambassadeur de France et la chargée d’affaires des États-Unis ont quitté le tarmac dès que la présence d’El-Béchir a été confirmée, peu avant l’atterrissage. L’heure est à la réconciliation.

Après cinq ans de guerre par groupes rebelles interposés, le Tchad et le Soudan s’emploient à normaliser leurs relations. En janvier, ils ont conclu un accord assorti d’un « protocole de sécurisation des frontières ». En février, puis en mai, Déby Itno s’est rendu à Khartoum pour assister à l’intronisation du Soudanais, fraîchement réélu à la présidence. Pas question donc de coopérer avec la CPI, qui entend juger El-Béchir pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide au Darfour. N’Djamena a beau avoir ratifié le statut de Rome, acte fondateur de la CPI, « ce n’est pas au Tchad qu’el-Béchir sera arrêté », a prévenu Ahmat Mahamat Bachir, le ministre de l’Intérieur.

Le 18 mai, Khalil Ibrahim, chef du Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE), le plus important groupe rebelle du Darfour, a été déclaré persona non grata au Tchad. Il s’agit pourtant d’un ancien protégé d’Idriss Déby Itno, membre, comme lui, de l’ethnie zaghawa… Le chef rebelle a été empêché de débarquer à l’aéroport de N’Djamena et promptement renvoyé en Libye, dont il est, aujourd’hui encore, l’encombrant invité. Le 19 juillet, Mouammar Kadhafi a admis avoir demandé à son « frère » de se faire plus discret. Sauf que, depuis deux mois, on assiste à une recrudescence des violences au Darfour. Et que Khalil Ibrahim, malgré les pressions, ne semble toujours pas décidé à s’associer aux négociations de paix de Doha (Qatar) avant la tenue du référendum sur l’autodétermination du Sud-Soudan, en janvier 2011. Persuadé que la province fera sécession, le chef du MJE préfère négocier avec un pouvoir affaibli.

Échange de bons procédés, le 20 juillet, Khartoum a expulsé quatre chefs de la rébellion tchadienne : Timan Erdimi, Mahamat Nouri (qui pourrait, dit-on, trouver refuge en Arabie saoudite, où il a servi comme ambassadeur), Adouma Hassaballah qui, pour des raisons de santé, devrait rejoindre la Jordanie, et Tahir Guinassou.

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