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Cet article est issu du dossier «La méthode Mohammed VI»

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Politique

« M6 », l’art et la manière

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Plus que des analyses complexes, un épisode donne une idée du style M6, tout en soft power. On y voit l’art et la manière de réguler en douceur (et en douce), et de faire l’économie de drames inutiles.

Les « dé-jeûneurs »

Ramadan 2009. Un groupe de jeunes, filles et garçons, organise un pique-nique à Mohammedia. Objectif déclaré : briser le tabou qui interdit au commun des Marocains de manger en public durant le mois sacré. Ils s’appellent joliment « les déjeuneurs » et s’assurent que leur coup bénéficie de la médiatisation la plus tapageuse. L’opération se veut l’acte de naissance d’une association dont le nom est tout un programme : Mali, pour Mouvement alternatif pour les libertés individuelles. La police intervient et empêche les déjeuneurs de passer à l’acte. Autrement, elle se serait rendue coupable de non-assistance à personnes en danger de lynchage.

Au Maroc, on ne badine pas avec le ramadan. Le conseil local des oulémas siège pour rappeler la loi musulmane. Le Palais confère avec les représentants de tous les partis. Sauf un : le Parti de la justice et du développement (PJD), qui prétend faire de la défense de l’islam sa raison d’être. En l’excluant, on rappelle mine de rien que cette mission incombe d’abord au Commandeur des croyants. Ce n’est pas tout. Des associations, des journaux, ont pris fait et cause pour les « maliens » sans que nul s’en émeuve. Le PJD s’est interdit de vouer à la géhenne les déjeuneurs et a même publié une déclaration qui les soutient.

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