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Le Coran contre Al-Qaïda

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Politique

Pédagogie et dialogue

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Mis à jour le 10 août 2010 à 11:50

La Grande Mosquée dite « saoudienne » dans le centre de Nouakchott. © Reuters

Le 28 juin, l’État mauritanien a lancé un programme de recrutement de 500 imams. Les candidats sélectionnés recevront un salaire mensuel confortable de 50 000 ouguiyas (150 euros). Ils devront aussi remplir certaines conditions : avoir entre 25 et 75 ans, officier dans une mosquée célébrant la prière du vendredi – pour éliminer les imams de mosquées dites « sauvages » – et n’être pas fonctionnaire (pour éviter un cumul des salaires, certains imams étant déjà payés par l’État).

Officiellement, le programme a pour objectif d’enrayer la paupérisation de la profession. Mais les autorités espèrent aussi réduire la dépendance économique des imams vis-à-vis des pays du Golfe, notamment de l’Arabie saoudite, qui financeraient 70 % des 1 800 mosquées mauritaniennes. Un lien favorisant l’influence de la doctrine wahhabite, jugée plus proche de la thèse véhiculée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) que le rite malékite, pratiqué en Mauritanie comme dans une bonne partie du continent. Un recensement des mosquées, des imams et des madrasas, dont les résultats sont attendus pour les prochaines semaines, devrait également améliorer la connaissance et la maîtrise du paysage religieux par les autorités.

À la lecture rétrograde du Coran, le pouvoir tente de substituer une acception modérée de l’islam à travers des colloques aux intitulés explicites – « Islam médian, application et compréhension », en mars –, mais aussi par le biais d’un dialogue avec les prisonniers salafistes, comme celui qui s’est tenu en janvier. L’objectif était d’amener au repentir certains des soixante détenus afin de détourner de leur influence des djihadistes en herbe en mal de modèles. Si certains se sont en effet repentis, on ignore le sort qui leur a été réservé. Le but n’a donc pas été tout à fait atteint.