Culture

La Tunisie, un musée à ciel ouvert

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Les trésors d’architecture de la Tunisie sont encore trop méconnus.

Les trésors d'architecture de la Tunisie sont encore trop méconnus. © D.R.

Rénovation de musées, multiplication des fouilles, réaménagement de sites classés… La Tunisie entend revaloriser un patrimoine peu connu de ses habitants.

Phéniciens, Romains, Byzantins, Vandales, Arabes ont laissé leur empreinte sur le sol tunisien. À tel point que le pays est un immense musée à ciel ouvert. Pas moins de huit sites sont classés au patrimoine mondial de l’humanité (Unesco). Paradoxalement, ce patrimoine est peu connu des Tunisiens.

Le ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine a décidé de réagir. Notamment grâce à des recherches conjointes et des échanges techniques avec la France, l’Italie et l’Espagne, et avec l’aide de la Banque internationale de reconstruction et de développement (BIRD), qui a versé 19,2 millions d’euros au secteur. Depuis avril, les événements se succèdent. Après le réaménagement de certaines rues de la médina de Tunis, l’ouverture du musée de Kesra, la rénovation des musées de Djerba et de Sousse, le chantier le plus important, et le plus attendu, est celui du musée national du Bardo. Quelque 8 millions d’euros sont investis pour apporter 8 000 m² supplémentaires, refonder totalement la muséographie et « permettre au musée de revenir sur le devant de la scène », explique le conservateur, Tahar Ghalia. « Nous avons également noué un partenariat avec le musée du Louvre portant, entre autres, sur l’identification des pièces tunisiennes détenues par le musée français. »

En juin, le Grand Prix d’archéologie de la Fondation Simone et Cino del Duca, abritée par l’Institut de France, d’une valeur de 200 000 euros, a été décerné aux travaux de la mission archéologique franco-tunisienne de Haïdra, dirigée par François Baratte, professeur à l’université Paris-IV, et Fathi Bejaoui, directeur général de l’Institut national du patrimoine (INP). La cinquième campagne de fouilles du site d’Althiburos (région du Kef), menée par les équipes multidisciplinaires tuniso-espagnoles des professeurs Nabil Kallala­ (INP) et Joan Sanmartí­ Grego (université de Barcelone), a fourni, quant à elle, des informations majeures sur les pratiques religieuses, l’agriculture et le commerce des aromates sur une période allant de la protohistoire à l’époque numide et préromaine.

L’archéologie tunisienne se dépoussière et profite des avancées technologiques. Le Centre national des sciences et technologies nucléaires de Sidi Thabet, unique au Maghreb, permet désormais les datations ainsi que les analyses de la structure des matières. Seulement, la mise à jour et l’étude du patrimoine archéologique tunisien sont un chantier colossal qui nécessite aussi bien des bras que des fonds…

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