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Cet article est issu du dossier «Bénin : Objectif 2011»

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Le temps de la rigueur

Le Palais des congrès de Cotonou.

Le Palais des congrès de Cotonou. © www.ccibenin.org

Effet de la crise, après une audacieuse politique de relance en 2009, la baisse des recettes de l’État instaure une rigueur qui interdit désormais tout dérapage budgétaire.

Mieux qu’un long discours, la loi de finances 2010 illustre crûment la situation économique délicate du pays. Initialement fixées à 1 250 milliards de F CFA (1,9 milliard d’euros), les dépenses publiques ont été ramenées à 876 milliards. Impliquant des coupes budgétaires pouvant aller jusqu’à 60 % pour certains ministères et une réduction de moitié des dépenses d’investissements, abaissées à 161 milliards de F CFA.

Après une année 2009 fort dispendieuse, cela ressemble fort à une cure d’austérité. Les effets de la crise internationale ? Certainement. Frappées de plein fouet par la baisse du trafic portuaire à Cotonou, la contraction des réexportations vers le Nigeria et les difficultés de la filière cotonnière, les autorités ont voulu amortir le choc, en 2009, par le biais d’une audacieuse politique de relance.

Coup de pouce réussi

Dans le domaine agricole notamment, le gouvernement a déployé des trésors d’ingéniosité pour relancer la production céréalière : semences et engrais distribués gratuitement en 2008, puis à crédit en 2009. Résultat : deux ans après la flambée des prix, le pays a réussi à renforcer sa sécurité alimentaire avec une production céréalière record, dont 1,2 million de tonnes de maïs pour 2010, soit 35 000 t de plus que ce dont le pays a besoin. Autres exemples : le coût des exonérations de TVA s’est élevé en 2009 à 90 milliards de F CFA.

Enfin, sous l’effet de recrutements dans l’Éducation nationale, notamment, et de généreuses primes versées aux fonctionnaires, la masse salariale a dépassé les 40 % du PIB. Revers de ces coups de pouce : le déficit budgétaire est passé de 3,5 % du PIB en 2008 à 7,3 % en 2009, alors que le taux de croissance s’est établi à 2,7 %, contre 5 % un an plus tôt, et le Bénin se trouve confronté « à une baisse des recettes de l’État, d’environ 8 %, des investissements publics et des transferts des migrants », énumère le ministre d’État Pascal Koupaki, chargé de la Prospective et du Développement.

Prudence exigée

Dans ces conditions, « le pari » de la première version du budget 2010 (selon l’expression d’un ancien ministre victime du large remaniement de juin dernier) ou « les dérapages budgétaires pour acheter la paix sociale » (selon un fonctionnaire international) n’étaient plus tenables. Ce d’autant moins que le Fonds monétaire international (FMI) avait très clairement exigé « une politique plus prudente » avant de valider un prêt de 109 millions de dollars (environ 88 millions d’euros), en juin, dans le cadre d’un nouvel accord triennal.

Parmi les autres récriminations des bailleurs de fonds, la reprise de la corruption après les bons résultats obtenus durant les premières années du « changement » dans la restauration des capacités de recouvrement de l’État. « Les recettes douanières, qui représentent la moitié des revenus de l’État, sont en forte baisse », reconnaît un conseiller à la présidence, qui compte notamment sur la hausse des prix des carburants, les licences de téléphonie mobile et la privatisation de Bénin Télécoms pour redresser la barre.

                                                                                                                                  

SOURCES : BANQUE MONDIALE – FMI, AVRIL 2010 – INSAE DU BÉNIN       

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