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Cet article est issu du dossier «Santé : l'Afrique au banc d'essai»

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Santé

Équipements médicaux : des transactions qui manquent de transparence

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Sur le continent, le marché des équipements du secteur médical connaît une croissance remarquable, même si le manque de transparence reste récurrent.

En croissance sur tout le continent, le marché du matériel médical demeure très lié aux financements publics. Pour les équipementiers et les industriels du secteur médical, la mise à niveau des infrastructures de santé entreprise par les pays africains annonce de belles perspectives. En Algérie, d’ici à 2014, 3 000 établissements seront réalisés ou réhabilités par l’État. Autant de lits, d’instruments, de respirateurs, d’appareils de radiologie à fournir au pays.

Percée des firmes asiatiques

Difficile à évaluer au niveau continental, le marché des biens et équipements médicaux atteint, pour le seul Maghreb, plus de 320 millions d’euros en 2008, en hausse de 28,5 % par rapport à 2007. Une progression qui, selon les experts, devrait se poursuivre au rythme de 10 % par an. Preuve de cette vigueur, trois salons spécialisés se sont déjà tenus au Maroc, en Tunisie et en Algérie depuis le début de l’année. D’autres sont aussi annoncés au Kenya et en Afrique du Sud.

Auparavant trusté par les marques européennes et américaines, le marché est aujourd’hui capté par les produits chinois ou indiens, notamment sur les matériels les plus basiques. « Leurs plateaux chirurgicaux sont peut-être plus fins et moins bien polis, mais leurs prix sont beaucoup plus attractifs. D’ailleurs, nous ne proposons plus d’autres produits », avoue Roland Scaut, fondateur d’Excotramed, une société belge d’export de matériel médical spécialisée sur l’Afrique subsaharienne.

Les équipements à forte composante technologique, comme les scanners ou les appareils de radiologie, demeurent quant à eux entre les mains de spécialistes comme Siemens, Philips, General Electric, mais aussi Hitachi ou Toshiba. Là encore, les firmes asiatiques font une percée remarquée, car elles arrivent à répondre à des spécifications de haut niveau tout en proposant des tarifs inférieurs.

Demandes inadaptées

Une course à la haute technologie qui constitue une dérive regrettable, selon Frédéric Bia, responsable du belge Biamed, distributeur de General Electric en Afrique centrale. « Habitués aux équipements utilisés en Europe, les chefs de service demandent des matériels identiques, constate-t-il.

Face à la pénurie d’équipement, peut-être vaudrait-il mieux privilégier un scanner adapté à la traumatologie et un échographe pour les examens cardiaques, plutôt qu’un seul scanner cardiaque dont la facture va vite atteindre 1 million d’euros, en comptant l’installation, la maintenance et la formation du personnel… »

Autre écueil récurrent dans les appels d’offres : le manque de transparence. « Les fabricants signent des engagements anticorruption, alors que les bakchichs sont des pratiques courantes, admet un distributeur. Mais pour un directeur d’hôpital dont la rémunération n’excède pas 500 euros, il s’agit plus d’un salaire déguisé que d’autre chose. » 

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