Politique

Le « Lord of war » enfin extradé ?

Le célèbre trafiquant d’armes emprisonné en Thaïlande Viktor Bout, qui a souvent opéré en Afrique, devrait être extradé aux États-Unis où il risque la prison à perpétuité. À moins qu’un nouvel épisode ne vienne enrichir cette saga.

Mis à jour le 6 septembre 2010 à 16:50

C’est une légende vivante du grand banditisme international. Emprisonné en Thaïlande depuis son arrestation, en mars 2008, il devait être extradé fin août vers les États-Unis, où il risque la prison à vie pour « terrorisme ». Mais après avoir accepté la requête de Washington, la justice thaïlandaise a repoussé au 4 octobre prochain une éventuelle décision en ce sens.

Avec ce diable de Bout, tout est possible, même l’inimaginable. S’il venait à s’évader en kayak sur le Chao Phraya avec l’aide des services secrets russes, personne ne serait surpris – de même que s’il venait à mourir opportunément lors de son transfert vers l’Amérique. Mais fi de la fiction que ce romanesque personnage inspire, voici quelques faits indubitables (ou presque).

Né au Tadjikistan en 1967, ce moustachu aux yeux bleus, ancien officier de l’armée de l’air soviétique, a fait fortune en achetant de vieux avions russes (Antonov, Iliouchine), qu’il utilise pour transporter à peu près tout – fleurs, poulets, militaires et, vraisemblablement, armes – sous couvert de sociétés écrans belges ou émiraties.

Dans ce domaine fort lucratif, il vend au gouvernement angolais comme à l’Unita (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola), œuvre au Liberia, en Sierra Leone, en RD Congo. Sa flotte aurait même servi pour des actions « humanitaires » (la libération des otages de l’île philippine de Jolo en 2000) et militaires en Somalie (Restore Hope) et en Irak.

Marchand habile et polyglotte, Bout a su se ménager des protections haut placées un peu partout dans le monde. S’il est tombé en Thaïlande dans un piège tendu par l’Agence antidrogue américaine alors qu’il s’apprêtait à vendre des armes à de prétendus combattants colombiens des Farc, c’est parce qu’il a sans doute commis un péché de trop : avoir approvisionné le Hezbollah lors de la dernière guerre du Liban, en 2006.