Société

Ground Zero tolérance

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Mis à jour le 5 septembre 2010 à 12:56

Le projet de construction d’une mosquée non loin du site des attentats du 11-Septembre aura une influenc certaine sur les prochaines élections de mi-mandat.

À deux mois des élections de mi-mandat, la controverse suscitée par la construction d’un centre islamique à 300 m de Ground Zero, le site des attentats du 11 septembre, à New York, est devenue un enjeu politique.

Porté par Cordoba Initiative, l’association de l’imam new-yorkais Feisal Abdul Rauf, fervent partisan du rapprochement entre les mondes musulman et occidental et propriétaire des lieux, le projet de Maison de Cordoue – un complexe de douze étages, comprenant une mosquée, une bibliothèque, un gymnase, une piscine, etc. – est soutenu par la municipalité et le maire de New York, Michael Bloomberg. Il a été approuvé à une large majorité par le conseil de quartier de Manhattan et validé, début août, par l’agence du patrimoine de la ville.

Alors que la polémique s’essoufflait, elle a été ravivée le 20 août par Barack Obama, qui intervenait pour la première fois dans ce dossier explosif en rappelant son attachement à la liberté de culte, garantie par la Constitution. Médias et sondeurs s’engouffrent dans la brèche : un Américain sur cinq est persuadé qu’Obama est musulman, 68 % sont hostiles au projet… Le 22 août, deux groupes de manifestants s’affrontent par bannières interposées, de part et d’autre de l’immeuble de la discorde, symbole de tolérance pour les uns, de la victoire du terrorisme pour les autres. L’occasion rêvée pour la branche populiste du Parti républicain de lancer son plan de campagne : surfer sur l’islamophobie ambiante jusqu’en novembre pour détrôner la majorité démocrate au Congrès.