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Au Sénégal, le casse-tête de l’informel

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Mis à jour le 7 septembre 2010 à 17:56

À Dakar, deux tentatives d’extension de la sécurité sociale à l’informel (60 % des richesses produites) ont tourné court. Avec la première, les salariés pensaient pouvoir bénéficier de toutes les prestations contre 100 F CFA par jour (0,15 euro). Dans ce pays aux 250 000 assurés sociaux pour 4 millions d’actifs, l’État, qui avait lancé une campagne d’affiliation, a sous-estimé les obstacles : absence de spécialistes pour expliquer la démarche, incapacité des populations à lier les montants retenus à des services futurs, et désarroi face à la paperasserie à remplir.

La seconde tentative visait les journaliers. Mais au bout d’une année, ils ont arrêté de cotiser pour leur retraite (5,6 % de leur salaire avec un plafond de 156 000 F CFA mensuels), exigeant le remboursement des sommes engagées, tout comme les employeurs. Depuis, l’État parie sur le volontariat pour emmener vendeurs de journaux, épiciers et autres pêcheurs à souscrire une assurance suivant un taux qu’ils définissent eux-mêmes, mais à condition d’avoir déjà été affilié au moins une fois à un organisme de sécurité sociale. « Sous la pression des syndicats, annonce Ousseynou Diop, conseiller en communication, la question est de nouveau à l’ordre du jour avec la mise en place d’une couverture universelle incluant la retraite. »