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En quête d’énergies alternatives

Face aux défaillances des compagnies d’électricité, les opérateurs font appel à de nouveaux acteurs pour alimenter leurs antennes-relais.

Mis à jour le 8 septembre 2010 à 16:16

Entre 2003 et 2008, le nombre d’abonnés aux services de téléphonie mobile en Afrique est passé de 51 millions à 246 millions. Et selon les prévisions de l’Institut français des relations internationales, 20 % des futures souscriptions proviendront du Moyen-Orient et du continent, où le taux moyen de pénétration d’environ 40 % reste largement au-dessous de la moyenne mondiale, qui est de 80 %. Il ne fait donc aucun doute que la chasse aux abonnés et la course à l’implantation se poursuivront de plus belle, pour le plus grand bonheur des usagers, mais aussi des professionnels de… l’énergie.

Ces derniers prennent souvent le relais des compagnies d’électricité nationales, incapables de fournir du courant de façon continue partout. Ainsi, Zain, Orange ou encore MTN utilisent désormais dans plusieurs pays des systèmes d’alimentation hybrides comprenant des groupes électrogènes et des batteries rechargées par ces groupes. « Cela permet une économie mensuelle de 2 000 dollars [environ 1 575 euros, NDLR] par station-relais. Ce qui représente 2 millions de dollars par mois pour un opérateur qui a 1 000 stations », indique un professionnel du secteur.

Les défaillances des compagnies d’électricité africaines offrent pour certains de belles perspectives. « En quelques années, les besoins en déploiement des opérateurs ont nettement progressé. Et la part du marché télécoms dans notre activité, grâce à nos batteries stationnaires, aussi. Il représente plus de 50 % de notre chiffre d’affaires », indiquait, mi-juin à Dakar en marge du Weca (West and Central Africa Conference), Georges Mercier, directeur commercial d’Enersys (fabrication de batteries et de chargeurs).

Autre source d’intérêt pour les opérateurs : l’énergie photovoltaïque. « Le solaire est fiable et économique, mais le matériel est fortement taxé : 50 % à l’entrée au port dans certains pays, c’est beaucoup trop », déplore Raymond Poeri, directeur administratif et financier de Solarcom, qui propose surtout, pour l’instant, des énergies de secours, et dont le principal client est Sonatel Orange, au Sénégal.