Économie

Les nouveaux défis de Kaberuka

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Mis à jour le 9 septembre 2010 à 17:06

« Je prends l’engagement solennel de respecter les dispositions de l’accord portant création de la Banque africaine de développement, de me conformer à ses règlements, de m’acquitter de mes devoirs et de mes fonctions avec loyauté, discrétion et conscience. » C’est sur cette promesse que Donald Kaberuka, l’ancien ministre rwandais des Finances, a inauguré, le 1er septembre, à Tunis, son second mandat de cinq ans à la tête du groupe de la Banque africaine de développement (BAD).

Retransmise en direct dans tous les bureaux africains de la Banque, la cérémonie s’est déroulée dans le centre des congrès de l’hôtel Ramada Plaza de Gammarth, une banlieue nord de la capitale tunisienne. Étaient présents Mohamed Ghannouchi, le Premier ministre tunisien, Paul-Antoine Bohoun Bouabré, le ministre ivoirien du Plan et du Développement, Fernando Teixeira dos Santos, ministre portugais des Finances (et président du Conseil des gouverneurs de la Banque), Abdoulie Janneh, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), Maxwell Mkwezalamba, commissaire économique de l’Union africaine, ainsi que de nombreuses autres personnalités.

Les participants ont souligné la place acquise par la Banque dans le concert des organisations financières internationales. « C’est une institution solide, saine et crédible, s’est réjoui Ghannouchi. Nous pouvons être confiants dans sa capacité à aller de l’avant en soutenant plus et mieux nos économies et en participant à la création d’emplois et à l’amélioration du bien-être des Africains. »

De fait, la Banque n’est plus ce qu’elle était dans les années 1990. Lors de la crise mondiale de 2008-2009, elle a donné la preuve de son dynamisme en intervenant vite, et massivement : après avoir obtenu de ses vingt-cinq pays partenaires 9 milliards de dollars (7 milliards d’euros) de dons pour la période 2008-2010, elle a, le 27 mai dernier, à Abidjan, obtenu de ses actionnaires le triplement de son capital. Celui-ci devrait passer de 33 milliards de dollars à 100 milliards d’ici à cinq ans. Pour la seule année 2009, la BAD a financé 174 projets pour un montant de 12 milliards de dollars : c’est sept fois plus qu’en 2000.

« Ce 1er septembre est pour moi un jour de fierté, de réflexion, d’humilité et, par-dessus tout, de réaffirmation de mon engagement, a conclu Donald Kaberuka, après avoir remercié ses invités et les soixante-dix-sept États membres, qui l’ont élu par acclamation. Fierté pour l’action de la Banque, réflexion sur les domaines où nos résultats n’ont pas été à la hauteur, et humilité face aux défis qui nous attendent. Je prends l’engagement de continuer, avec mon équipe, à bâtir au quotidien une organisation de stature internationale. »