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Vers la réforme fiscale

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Mis à jour le 17 septembre 2010 à 13:02

Le 31 août, le ministre des Finances Matata Ponyo Mapon a lancé, au Grand Hôtel de Kinshasa, un plan stratégique de la réforme des finances publiques. Une réforme adoptée lors du Conseil des ministres du 31 mars 2010. Le but : doubler les recettes fiscales de l’État, qui tournent autour de 5 milliards de dollars par an (environ 3,9 milliards d’euros), les multinationales qui exploitent des gisements miniers formant le plus gros bataillon de contribuables. « La fraude et la contrebande sont tellement importantes dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et le Katanga qu’on peut s’attendre plutôt à un triplement des recettes », lance un fiscaliste.

Si la volonté du gouvernement de convaincre les Congolais d’acquitter des impôts sur leurs revenus est particulièrement ambitieuse, le potentiel de contribuables qui s’ouvrent au ministère des Finances est presque sans limites. « Sur 62 millions d’habitants, le pays compte moins de 500 000 contribuables », peste Jérôme Sekana. Patron de l’agence de presse Galaxie Médias, il fait circuler actuellement une pétition dans le pays pour lutter contre l’incivisme fiscal. Il compte recueillir 1,5 million de signatures d’ici au 15 septembre. Un soutien pour Matata Ponyo Mapon, déterminé à faire aboutir son projet.

On dit que le ministre, ancien patron du bureau de coordination de la Banque mondiale en RD Congo, est rigoureux et que le terme d’austérité ne l’effraie pas. Mais l’entreprise lui réservera bien des surprises. En mai dernier, dans le conflit qui oppose First Quantum à l’État, la Cour suprême de justice a fait fermer la mine du groupe canadien de Frontier (93 000 t par an), située à 2 km de la frontière zambienne. Or c’est l’un des principaux contribuables du pays ! Presque au même moment, l’administration fiscale demandait à la compagnie une avance de 8,5 millions de dollars sur le paiement de ses impôts, pour contribuer à financer les fêtes du cinquantenaire de l’indépendance…