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Grande désillusion pétrolière pour Kadhafi

| Écrit par S. McNulty et G. Segreti (FT)
Cinq ans après le retour des grandes compagnies pétrolières, l’exploration en Libye déçoit.

Cinq ans après le retour des grandes compagnies pétrolières, l'exploration en Libye déçoit. © Reuters

Les forages opérés par les majors depuis cinq ans dans le golfe de Syrte n’ont pas encore donné les résultats escomptés. C’est un échec important pour l’ouverture pétrolière de Mouammar Kadhafi.

Une bousculade. C’est le mot qui convient pour désigner l’afflux en Libye, entre 2005 et 2007, des grandes compagnies désireuses d’obtenir des permis d’exploration en eau profonde. Il faut dire qu’avec 44 milliards de barils de réserves prouvées, le pays, peu exploité, possède en matière d’or noir le plus gros potentiel du continent. La plupart des majors y sont désormais présentes, comme BP (qui effectuera, à l’automne, un cinquième forage dans le golfe de Syrte), ExxonMobil, Chevron et ConocoPhillips. Le russe Gazprom, le brésilien Petrobras et l’indonésien Pertamina ne sont pas en reste : ils ont également développé des programmes en Libye. Mais le plus gros demeure encore la Waha Oil Company, une coentreprise entre la National Oil Corporation (Libye) et les américains ConocoPhillips, Hess et Marathon.

Cependant, les résultats sont décevants et ont entamé l’optimisme qui accompagnait le retour des majors en Libye, après l’abandon des sanctions internationales en 2004. « Nous arrivons au terme d’une période de cinq ans durant laquelle il n’y a pas eu de succès notable », constate Ross Cassidy, un analyste du cabinet Wood Mackenzie, qui suit la Libye. Conséquence : ces dernières années, les acteurs ont eu tendance à diminuer leurs investissements.

Une seule découverte

En offshore, seul Hess a annoncé avoir fait une découverte commercialement exploitable, sur son puits d’Arous el-Bahr. ExxonMobil, qui ne produit pas encore en Libye, a été moins chanceux. Ses deux forages réalisés en bordure du pays n’ont rien donné. Même déconvenue chez Chevron : pas une goutte de pétrole n’a été produite par son premier puits, foré en 2009, et la compagnie a même abandonné son autre bloc la même année. Elle garde néanmoins un bureau de représentation à Tripoli et assure étudier d’autres opportunités d’investissements en Afrique du Nord, Libye incluse. Enfin, Royal Dutch Shell n’a pas annoncé de découverte non plus. La compagnie anglo-néerlandaise se concentre pour l’heure sur la rénovation d’une usine de liquéfaction de gaz naturel vieille de 39 ans et la recherche de gaz en offshore. Elle poursuit également le forage de deux puits dans le bassin de Syrte, et en prévoit deux autres.

Le groupe italien Eni n’a pour sa part pas participé à ces forages. C’est pourtant l’opérateur étranger le plus important en Afrique du Nord : il a investi quelque 50 milliards de dollars (soit 40 milliards d’euros) depuis dix ans en Libye, en Tunisie, en Algérie et en Égypte, pays qui représentent 35 % de sa production totale. Il se contente d’exploiter dans les eaux libyennes deux puits à moins de 200 mètres de profondeur, et ce depuis les années 1970.

« Ces forages sont importants pour la Libye, estime John Hamilton, auteur d’une étude sur les perspectives énergétiques du pays. Cela pourrait lui ouvrir une porte sur l’Europe. » Pour lui, « il est trop tôt pour dire si l’exploration en Libye est un échec. La prochaine phase de forage devrait définitivement lever les doutes ».

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