Politique

Comment jouer à se faire peur

Pendant quelques heures, le 1er septembre, un frisson a parcouru Bangui : certains ont cru a une tentative de coup d’État. Les « mercenaires » interpellés n’étaient en réalité que des chasseurs…

Mis à jour le 8 septembre 2010 à 17:06

Psychose, le 1er septembre, à Bangui. Motif : l’interpellation, la veille, dans les faubourgs de la capitale, d’une demi-douzaine de ressortissants slovaques vêtus de treillis, à leur retour d’un séjour de repérage dans la réserve de chasse de Nola (sud-ouest de la Centrafrique, non loin de la frontière avec le Congo-Brazzaville). Arrivés quelques jours auparavant par vol régulier, à l’invitation d’une obscure société forestière locale fondée par un ancien ministre d’État, ces Européens au crâne rasé et aux tatouages apparents s’apprêtaient à aller récupérer deux caisses d’armes et de munitions de petit calibre à l’aéroport de Bangui, où elles étaient arrivées ultérieurement à bord d’un autre avion. Immédiatement saisi par la police, ce matériel suspect a été transporté au palais présidentiel, alors que les Slovaques étaient placés en garde à vue au commissariat du port.

L’information ayant filtré, la rumeur d’un putsch de mercenaires déjoué in extremis, à quelques mois de l’élection présidentielle, a aussitôt parcouru la capitale, un journal de la place n’hésitant pas à titrer sur l’implication (totalement fantaisiste) des autorités de Brazzaville dans cette pseudo-tentative. En réalité, les Slovaques étaient des chasseurs dont les fusils n’avaient pas été déclarés par le tour-opérateur centrafricain et dont les visas avaient été obtenus dans des conditions douteuses. Après trois jours de détention, ils ont été expulsés du territoire.