Politique

Mort à Tindouf

Avec la disparition de Mahfoud Ali Beiba, président du Parlement de la RASD, le Polisario perd l’une de ses dernières figures « historiques ».

Mis à jour le 12 septembre 2010 à 13:44

Il était l’un des derniers « historiques » du Front Polisario et son décès, le 2 juillet dans le camp de Rabbouni, non loin de Tindouf, en Algérie, était passé inaperçu hors de l’espace clos des populations sahraouies, ainsi que dans les colonnes de Jeune Afrique. Deux mois après, la succession de Mahfoud Ali Beiba, mort à l’âge de 59 ans des suites d’une crise cardiaque, à la présidence du Conseil national sahraoui (CNS, le Parlement de la République arabe sahraouie démocratique [RASD]) est désormais réglée : c’est un proche du chef du Polisario, Khatri Addouh, qui assume cette fonction, sans toutefois être en mesure de combler le vide créé par la disparition de celui qui était depuis quinze ans chargé des négociations directes avec le Maroc sous l’égide de l’ONU.

Né non loin de Laayoune, Mahfoud Ali Beiba, Tekna de la fraction des Izarguien, fut, en 1973, l’un des cofondateurs du Polisario, dont il incarnait l’aile politique, et un ami d’El-Ouali, le premier chef mythique du Front. Secrétaire général adjoint l’année suivante, il supervise l’installation des réfugiés dans la hamada de Tindouf sous la houlette de l’armée algérienne et devient brièvement, après la mort d’El-Ouali en 1976, secrétaire général par intérim, avant de s’effacer devant Mohamed Abdelaziz. Tout à tour ministre de l’Intérieur de la RASD, ministre de la Justice, puis des « Territoires occupés », Mahfoud Ali Beiba, alias Mahfoud Laroussi, occupera à deux reprises le poste de Premier ministre, au début des années 1980 et à la fin des années 1990. Homme d’appareil, le président du CNS depuis 2003 avait dirigé la délégation indépendantiste lors des pourparlers (infructueux) de Manhasset avec le royaume chérifien. Un royaume où vit une partie de sa famille et avec lequel il n’avait jamais vraiment rompu, au point de passer pour un modéré au sein du secrétariat national du Polisario, désormais dirigé sans partage par le très intransigeant Mohamed Abdelaziz.­