Politique

Goodluck pour la présidentielle

C’est sur Facebook que le chef de l’État a annoncé qu’il allait briguer l’investiture de son parti pour l’élection.

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Mis à jour le 22 septembre 2010 à 14:01

Derrière son air de jeune premier, Goodluck Jonathan, 52 ans, dissimule l’habileté d’un politicien madré. Le 15 septembre, le chef de l’État nigérian a annoncé son intention d’être candidat à la présidentielle de janvier prochain… sur sa page Facebook ! La méthode n’est pas idéale pour atteindre l’électorat : au Nigeria, les coupures d’électricité sont quotidiennes, et près de 50 % des adultes ne savent pas lire. Mais elle donne à cet ancien zoologue et gouverneur de l’État de Bayelsa l’image d’un homme neuf, capable de moderniser un pays qui, cinquante ans après l’indépendance (l’anniversaire sera célébré le 1er octobre), est enlisé dans la misère malgré de formidables ressources, pétrolières notamment.

Son message est également inédit. Goodluck Jonathan ne fait pas miroiter des lendemains qui chantent mais joue l’humilité : « La seule promesse que je peux vous faire, à vous, amis, citoyens, et au Nigeria, c’est d’agir plus que de promettre », dit-il. Cette façon de se défendre de faire quelque chose tout en le faisant – en l’occurrence, promettre de ne pas promettre – est une ficelle rhétorique qui porte un nom : la prétérition. La manière est néanmoins plus subtile que les sempiternels engagements à équiper le pays en routes, trains ou hôpitaux en l’espace de quatre ans. Les Nigérians n’en sont pas dupes, et Good­luck Jonathan semble l’avoir compris.

Il se démarque ainsi de son principal rival : le général à la retraite Ibrahim Babangida. L’ancien putschiste, âgé de 69 ans, a annoncé sa candidature d’une façon toute classique, le 14 septembre : dans un discours. Lui et Goodluck Jonathan comptent briguer l’investiture du Parti démocratique populaire (PDP), la formation au pouvoir, le 18 octobre. Leur lutte prendra des accents ethniques et régionaux. Car le premier vient du Nord et le second du Sud, et ce clivage régit la vie politique nigériane davantage que les méthodes de communication.