Société

La fin de la faim encore au menu

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La réduction de l’extrême pauvreté et de la faim, numéro un des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), ne sera probablement pas atteinte. Avec 925 millions d’individus en 2009, dont près de 240 millions en Afrique subsaharienne, le nombre de personnes qui souffrent de la faim est supérieur au niveau d’avant la crise de 2008 (850 millions). Pourtant, l’agriculture africaine connaît une forte croissance, réveillée par les émeutes de la faim de 2008 et renforcée par les investissements en provenance de pays du Nord, ébranlés par la peur de ne plus avoir assez de place pour produire. « Depuis cinq ans, sa croissance est de 5 % », constate Mohamed Béavogui, directeur de la division Afrique du Fonds international de développement agricole (Fida). « Certaines zones atteignent même 7 %, un des taux les plus importants au monde. Il s’agit du secteur qui tire le plus l’économie de certains pays, hors États pétroliers », poursuit-il.

Alors, pourquoi la faim ne recule-t-elle pas ? Selon Olivier de Schutter, rapporteur spécial auprès des Nations unies pour le droit à l’alimentation, « les OMD ne sont pas conçus pour imposer des obligations de résultats aux États. Les législations et les plans d’action dans le domaine du droit à l’alimentation sont quasi inexistants ». L’Afrique subsaharienne reste vulnérable aux hausses des prix des denrées alimentaires. À l’image du Mozambique, où des émeutes ont eu lieu le 1er septembre, au lendemain de l’annonce d’une augmentation de 25 % du prix du pain après la flambée du prix du blé, émeutes qui ont fait 13 morts et 400 blessés.

« Les règles du commerce international sont au désavantage des pays en voie de développement », souligne Olivier de Schutter, rappelant que les subventions des pays de l’OCDE à leurs producteurs représentent encore 280 milliards de dollars par an (environ 215 milliards d’euros), dont une partie à l’exportation. Pour lui, les investissements dans les terres africaines ne bénéficient pas aux pays hôtes, qui doivent mieux protéger leurs intérêts en posant des conditions plus contraignantes aux investisseurs.

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