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Cet article est issu du dossier «Tunisie : où (en) sont les femmes ?»

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Politique

La première dame tunisienne à la présidence de l’OFA

Leïla Ben Ali (en turquoise), à la 4e réunion du Conseil supérieur de l'OFA à Tunis, en 2009.

Leïla Ben Ali (en turquoise), à la 4e réunion du Conseil supérieur de l'OFA à Tunis, en 2009. © Capture d'écran

Élue en mars 2009 à la présidence de l'Organisation de la femme arabe, la première dame de la Tunisie, Leïla Ben Ali, s'est beaucoup investie pour le rayonnement de l'OFA.

C’est à Tunis que se tiendra, en octobre, le 3e congrès de l’Organisation de la femme arabe (OFA), dont la présidence est actuellement assurée par l’épouse du chef de l’État tunisien, Leïla Ben Ali. Créée en 2001 et instituée en mars 2003 au sein de la Ligue arabe, l’OFA a son siège en Égypte et fonctionne avec les cotisations des 16 pays de la Ligue qui y sont affiliés : Algérie, Bahreïn, Égypte, Émirats arabes unis, Irak, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Mauritanie, sultanat d’Oman, Soudan, Syrie, Tunisie, Palestine, Yémen.

Son objectif d’assurer la promotion du statut de la femme arabe et de renforcer la coopération régionale sur ce dossier, notamment par des travaux d’études et des propositions de projets. L’OFA entreprend des échanges d’expertises en matière d’éducation, de santé et d’environnement et accorde des bourses de recherche. S’il n’est pas de son ressort d’obliger les pays membres à appliquer ses recommandations, le fait qu’elle soit présidée par des femmes de chefs d’État assure à l’OFA écoute et suivi.

Une stratégie commune contre la violence

Présidente de l’organisation depuis mars 2009 et jusqu’à février 2011, Leïla Ben Ali a engagé une dynamique nouvelle et fourni une visibilité plus grande à l’OFA. Elle a donné la priorité à la mise en œuvre de programmes innovants qui ont assuré un bond qualitatif à ses activités.

Outre les différents forums organisés sous son parrainage, le prix de la meilleure production journalistique sur la femme arabe (créé sur son initiative en 2001) et le lancement de la revue Sawt al-mar’a al-arabiya (« La voix de la femme arabe »), éditée à Tunis, la première dame tunisienne a fait adopter des propositions comme la création d’une commission de la femme arabe pour le droit international humanitaire, instituée en février, et celle, à venir, d’un observatoire des législations sociales et politiques sur la situation des femmes arabes.

Consacré au thème « La femme arabe, partenaire essentielle dans le processus de développement durable », le congrès d’octobre décidera notamment de l’élaboration d’une « stratégie arabe de lutte contre la violence à l’égard des femmes », un domaine considéré comme prioritaire par la présidence tunisienne de l’OFA et dans lequel le pays fait figure de pionnier.

La législation tunisienne dispose en effet d’un arsenal de sanctions spécifiques contre les violences faites aux femmes : elle prévoit des peines allant de deux ans à dix ans de prison, reconnaît le délit de viol conjugal et est l’une des rares de la région à disposer d’une loi (du 2 août 2004) punissant le harcèlement sexuel. L’État a créé un fonds destiné à soutenir financièrement les femmes fuyant leurs maris violents et a mis en place, depuis près de deux ans, un numéro vert accessible vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Enfin, une circulaire a été récemment cosignée par les ministères de la Santé et de l’Intérieur, qui exige des services d’urgence de déclarer les cas de violence en différenciant les genres.

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