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Cet article est issu du dossier «Tunisie : où (en) sont les femmes ?»

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Société

Des femmes aptes au travail et à l’entrepreneuriat

Les chercheuses tunisiennes s'activent dans les laboratoires.

Les chercheuses tunisiennes s'activent dans les laboratoires. © NICOLAS FAUQUÉ/WWW.IMAGESDETUNISIE.COM

Le pays a misé sur la capacité de travail des femmes et sur leur aptitude à entreprendre. Elles le lui rendent bien, et ont pris d’assaut tous les secteurs d’activité.

On les croise au travail, faisant leurs emplettes ou au volant de leur voiture. Elles sont ouvrières ou directrices dans les ateliers de confection et de microélectronique. Elles sont enseignantes, magistrates, ingénieures ou banquières. Elles dirigent des chantiers, des bureaux d’études, des sociétés de services.

Les femmes tunisiennes, qui représentent désormais un peu plus de la moitié de la population du pays, constituent 27,9 % de sa population active (contre 18,9 % en 1979 et 23,7 % en 1999). Leur contribution aux différents secteurs d’activité est de 49,4 % pour les services, 26,4 % pour l’industrie et 16,7 % pour l’agriculture.

Tout commence à l’école : 99,2 % des fillettes de 6 ans sont scolarisées, 53,2 % des élèves du secondaire sont des filles, de même que 59,5 % des étudiants. Trois taux pour lesquels la Tunisie se place au 1er rang mondial dans les classements du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).


Une Tunisienne, chef de chantier.
© D.R.

Le pays a misé sur la capacité des femmes à entreprendre et sur leur esprit d’initiative. Et leur contribution au processus de développement monte en puissance. En même temps qu’elles montent en grade, ­puisqu’elles occupent près du quart des postes à responsabilités.

La Tunisie compte 1 500 dirigeantes d’exploitations agricoles (soit 12 % des femmes travaillant dans le secteur) et, selon la Chambre nationale des femmes chefs d’entreprise (CNFCE), 18 000 femmes chefs d’entreprise, qui emploient plus de 100 000 personnes. Elles gèrent le plus souvent des PME, qu’elles ont en général créées et dont elles sont, pour 55 % d’entre elles, les uniques propriétaires.

Le sens des responsabilités

Leurs compétences dans le domaine des affaires sont avérées et la plupart de leurs interlocuteurs, des organismes de formation ou partenaires financiers, trouvent chez elles un sens plus marqué de l’organisation, de la gestion et des responsabilités que chez leurs homologues masculins. À la tête d’une société de commerce, Ineyet confirme n’avoir eu aucune difficulté en tant que femme pour développer son projet : « Nous sommes à égalité avec les hommes, y compris face aux lenteurs administratives, mais, souvent, les femmes bénéficient d’un capital de confiance plus important de la part des instances financières. »

Selon les résultats d’une enquête publiée en 2009 par le Centre de la femme arabe pour la formation et la recherche (Cawtar) en partenariat avec l’Institut international de recherche et de formation des Nations unies pour la promotion de la femme (UN-Instraw), les femmes chefs d’entreprise en Tunisie investissent pour 37 % dans les services, 33 % dans l’industrie, 13 % dans le commerce et 12 % dans l’artisanat. Devenues un atout maître de l’économie du pays, elles ne sont pas des patrons comme les autres. Elles n’en font pas des tonnes, mais pèsent lourd.

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