Culture

Patrick Saint-Eloi

L’ex-leader du groupe de zouk Kassav’ s’est éteint le 18 septembre des suites d’une leucémie.

Mis à jour le 26 septembre 2010 à 16:28

« Ce n’est pas une fin, c’est un espoir. Au bout du tunnel, il y a la lumière », confiait avec pudeur Patrick Saint-Éloi à propos de la mort, qui allait l’emporter le 18 septembre. L’ex-leader du groupe de zouk Kassav’ s’est éteint des suites d’un cancer à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), à l’âge de 52 ans. « PSE » – comme le surnommaient son public et ses proches – avait fait le choix de ne chanter qu’en créole et a permis à la culture antillaise d’être mondialement connue.

Patrick Saint-Éloi quitte pour la première fois sa Guadeloupe natale à l’âge de 17 ans pour Paris, où il écume les cours de chant et les concerts dans les clubs. En 1982, il fait ses premiers pas en tant que choriste au sein de Kassav’, avant d’en devenir l’un des principaux chanteurs. « Chaque membre du groupe avait sa formule magique, se souvient Patrice Gonfier, grand reporter à France Télévisions et ami du chanteur. Patrick faisait tourner les têtes des femmes. » Son zouk love fait chavirer les cœurs, surtout à partir de l’album Mizik sé lanmou (1984). « Le zouk love traduit une forme de mélancolie où tous les Antillais se retrouvent. Patrick Saint-Éloi en était le maître incontesté », explique l’historien Claude Ribbe. Entre « Ballade kréyol », « West Indies » ou « Ki jan ké fè », il donne au groupe ses plus grands tubes, portés par sa voix langoureuse et haut perchée.

Pourtant, après vingt années passées à jouer à guichets fermés, il quitte Kassav’, au début des années 2000. « Il ne supportait plus les tournées incessantes et il voulait retrouver sa vie de tous les jours, près de ses proches », confie Patrice Gonfier. Introverti et antistar, il va souvent pêcher à la rivière de la commune du Moule (Guadeloupe). Apaisé, il continue de chanter l’amour à travers une dizaine d’albums personnels, avant de tirer sa révérence. « Lors d’un concert à Paris, il m’a dit “Regarde le public ! C’est incroyable !” confie Patrice Gonfier. Tous les spectateurs chantaient ses chansons par cœur, en créole. »