Économie

Niger : Areva déterminé à rester

Luc Oursel, président du directoire d’Areva, a réaffirmé mardi que son groupe allait rester au Niger malgré l’attentat-suicide qui a visé sa mine d’uranium Somaïr à Arlit, dans le nord du pays.

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Mis à jour le 28 mai 2013 à 13:57

On ne sait toujours pas quand démarrera l’exploitation de la mine d’Imouraren, l’une des plus grosses du monde avec 200 000 tonnes de réserves prouvées. © Areva

« Non, bien sûr que non ». Voilà ce qu’a martelé Luc Oursel, président du directoire du groupe nucléaire français Areva lors d’une rencontre avec des journalistes à Madrid, où il était interrogé sur un éventuel changement de la stratégie d’Areva en Afrique. Cité par l’AFP, il a exprimé sa grande tristesse à propos de la mort de l’un de ses employés et reaffirmé la détermination du groupe français à rester au Niger après l’attaque à la voiture piégée qui a frappé jeudi un site d’Areva à Arlit. L’attaque a fait un mort et 14 blessés, tous nigériens.

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« Si j’ai quelque chose à dire après cette attaque scandaleuse, c’est que nous allons rester au Niger », a expliqué le représentant du groupe français, ajoutant que « si nous quittons le Niger, alors nous aurons fait exactement ce qu’ils voulaient », en référence aux commanditaires de l’attentat. « Je suis allé au Niger la semaine dernière pour montrer notre détermination à rester » dans ce pays, car « nous savons notre responsabilité en termes de développement économique, en termes d’emplois », a insisté le patron d’Areva, deuxième producteur mondial d’uranium, notamment grâce à ses mines nigériennes.

Retards

Alors que le site d’Arlit est toujours à l’arrêt, la stratégie d’Areva en Afrique semble depuis quelques temps troublée. C’est la deuxième fois que l’entreprise, présente depuis 40 ans au Niger, est visée par une attaque terroriste. Le 16 septembre 2010 sept employés d’Areva et d’un sous-traitant avaient été enlevés à Arlit par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Quatre Français restent aux mains de leurs ravisseurs.

Par ailleurs, on ne sait toujours pas quand démarrera l’exploitation de la mine d’uranium d’Imouraren, l’une des plus grosses du pays et du monde avec 200 000 tonnes de réserves prouvées. Remportée face à la concurrence chinoise en 2009, l’exploitation aurait dû commencer en 2012, mais on parle maintenant de 2016 voire de 2017. Le géant français s’est engagé en février à verser 35 millions d’euros au Niger pour, officiellement, compenser ce retard qui provoque la colère des autorités officielles.

Le groupe a également annoncé le report de l’exploitation des mines de Bakouma et de Trekkopje, en Centrafrique et en Namibie, acquises en 2007. Pour expliquer ces retards en série, Areva invoque la mauvaise rentabilité des investissements, liée aux faibles cours de la livre d’uranium dans un contexte nucléaire morose depuis la catastrophe de Fukushima.