Société

Le parti socialiste refait le monde

Mis à jour le 14 octobre 2010 à 16:54

Le logo du Parti socialiste. © D.R.

Au Parti socialiste français, on n’en est pas peu fier de ce texte sur « la nouvelle donne internationale et européenne » qui, adopté par le bureau politique et les militants, devrait inspirer le programme du parti pour la présidentielle de 2012.

Cela faisait longtemps en effet que les socialistes, arc-boutés sur leur dernière expérience gouvernementale (1997-2002), n’avaient pas pris position sur les questions internationales. « La dernière convention de ce type remonte à quinze ans », souligne Pouria Amirshahi, chargé de la coopération, de l’aide au développement et des droits de l’homme.

S’il gagne en 2012, le parti entend défendre « la place centrale de l’ONU » ; promouvoir le « juste échange » entre libéralisme et protectionnisme ; et « repenser » l’aide au développement, qui devra faire la part belle aux dons – en revenant sur « la logique bancaire » de l’Agence française de développement.

Quant à la question des droits de l’homme, « il faut sortir des approches cubaine (les droits de l’homme, c’est la satisfaction des besoins) et occidentale (c’est la liberté d’expression), explique Amirshahi. Nous voulons lier les deux, car les éléments qui permettent le développement sont également propices aux conquêtes démocratiques ».

D’une prudence excessive sur la candidature de la Turquie à l’Union européenne (UE) ou le conflit israélo-palestinien, le document passe vite sur l’Afrique. Il faut en finir avec la Françafrique et dépasser les « clivages historiques » avec le Maghreb, énonce-t-il. Plus original : le PS entend ressusciter l’Union pour la Méditerranée et l’étendre à l’ensemble du continent, dans une sorte d’union euro-africaine qui devra « défendre ses intérêts face aux grandes régions du monde ». « L’intérêt de la France est d’intéresser l’UE à l’Afrique », écrit Élisabeth Guigou. Reste à savoir si c’est aussi l’intérêt de l’Afrique.