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Cet article est issu du dossier «Gabon : première année, premier bilan»

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Politique

Les Fangs, une ethnie majoritaire au pouvoir

François Engongah Owono, scerétaire général de la présidence.

François Engongah Owono, scerétaire général de la présidence. © BAUDOUIN MOUANDA POUR J.A.

En dépit des divisions ethniques qui sont apparues au grand jour lors de la présidentielle d’août 2009, l’administration mise en place par le chef de l’État compte de nombreux ministres et cadres issus de l’ethnie majoritaire.

Ils sont « trop nombreux » dans les arcanes du pouvoir au goût de certains, qui souhaitaient que les Fangs, ethnie majoritaire en nombre dans le pays, soient sanctionnés par Ali Bongo Ondimba (ABO) pour avoir voté massivement en faveur d’André Mba Obame, son principal concurrent, lors de la présidentielle.

Mais comment ne pas récompenser des personnes qui n’ont pas mégoté sur leur soutien pendant les moments difficiles ? Comme Paul Biyoghé Mba, le Premier ministre, qui, en juillet 2009, après le décès d’Omar Bongo Ondimba, a accepté son poste en pleine tempête : plusieurs de ses collègues du gouvernement, déterminés à empêcher une « succession monarchique » ou désireux de jouer leur propre carte après quatre décennies de pouvoir confisqué, s’apprêtaient à déposer leur dossier de candidature à l’élection présidentielle. Soutien fidèle, il a été reconduit dans ses fonctions par le chef de l’État nouvellement élu. Même s’il suscite toujours la méfiance des plus radicaux du « tout sauf les Fangs », alors de rigueur chez ceux qui redoutaient la « revanche » de l’ethnie majoritaire.

De l’Estuaire ou du Nord

Premier ministre de 1999 à 2006, Jean François Ntoutoume Emane fut un inconditionnel d’Omar Bongo Ondimba. Par opportunisme ou, pour certains, par loyauté à l’égard du père disparu, ce baron de la province de l’Estuaire a soutenu le fils. Actuel maire de Libreville, il ne rate pas une occasion de se rendre au palais pour s’y entretenir avec le nouveau président.

Emmanuel Ondo Methogo, ancien vice-Premier ministre, doyen politique du Woleu-Ntem (Nord) et actuel patron du Conseil national de la communication, est également de ceux qui sont restés aux côtés d’ABO. Pour avoir été membre du courant des « rénovateurs » du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), dont il est aujourd’hui l’un des vice-présidents, il peut justifier de l’ancienneté de ses liens avec le nouveau chef de l’État. Si Ali décidait de rompre avec la « géopolitique », dont l’une des règles non écrite exige que tout Premier ministre soit issu de la province de l’Estuaire, ce natif de Bitam (Nord) serait un sérieux candidat au poste de Premier ministre.

Autre ancien rénovateur, le secrétaire général de la présidence, François Engongah Owono, est sans doute le Fang le plus exposé de l’entourage immédiat du président. Il a été de tous les combats de « Monsieur Ali ». Son rôle de gardien du temple n’étonne pas ceux qui ont fréquenté ABO ces dernières années.

 


René Ndemezo Obiang, ministre de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs.
© WILS YANICK MANIENGUI/AFP

Pas plus que le maintien de René Ndemezo Obiang en tant que ministre de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs dans les gouvernements successifs de Biyoghé Mba. Il est, lui aussi, l’un des Fangs du Nord dont le rôle est de faire vivre le PDG dans cette partie du pays.

Moins connus avant l’arrivée d’ABO au pouvoir, certains Fangs font désormais partie du gouvernement, comme la ministre de la Santé, Alphonsine Mbié Nna, le ministre des Transports, Rémy Ossélé Ndong, ou celui des Mines, Julien Nkoghé Békalé. On peut également citer des directeurs généraux comme Léon Ndong Nteme (budget), Serge Ename Ntsolé (comptabilité publique), Jean Léon Nzé Biyoghé (Société gabonaise des transports, Sogatra). Enfin Serge Abessolo, ancien humoriste et producteur, officie désormais en tant que directeur des cérémonies au sein de la direction générale du protocole d’État et, à ce titre, accompagne le président dans ses déplacements à l’étranger.

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