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Cet article est issu du dossier «Gabon : première année, premier bilan»

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Sport

Sueurs froides suivies d’assurances pour l’organisation de la CAN 2012

Le stade d'Angondjé, construit par Shanghai Construction, près de Libreville. © BAUDOUIN MOUANDA POUR J.A.

À quinze mois de la 28e Coupe d’Afrique des nations, qu’il coorganise avec la Guinée équatoriale, le pays a rectifié le tir. Les inquiétudes sur le respect des délais s’amenuisent avant la CAN 2012.

Le Gabon sera-t-il prêt pour accueillir la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de janvier 2012, les joueurs et l’encadrement des huit équipes qui s’affronteront dans les deux stades retenus sur son territoire, à Libreville et à Franceville (Haut-Ogooué, dans l’Est), sans compter les 1,5 million de visiteurs attendus ?

Le gouvernement se veut désormais rassurant. « Les pelouses seront prêtes en juin 2011 et les stades seront livrés entre octobre et novembre de la même année », assurent les autorités gabonaises. En mars dernier, les retards accumulés par les chantiers de construction des stades destinés à abriter la CAN 2012 avaient fait paniquer une mission de la Confédération africaine de football (CAF). Les inspecteurs de la CAF avaient trouvé que le cas du chantier du stade de Franceville, l’autre ville gabonaise, avec Libreville, où se joueront une partie des matchs, était particulièrement préoccupant. Les travaux avaient connu plusieurs mois d’arrêt.

Le chantier de la reconstruction du stade Omar-Bongo de Libreville n’était pas non plus très avancé et, cerise sur le gâteau, les ouvriers s’étaient mis en grève en raison de retards de paiement des salaires. Résultat : le Comité d’organisation de la CAN (Cocan) avait invité les autorités gabonaises à rectifier le tir d’urgence.

Alors que la Guinée équatoriale, pays coorganisateur de la 28e édition de cette compétition, a réceptionné la quasi-totalité de ses ouvrages à Bata et à Malabo, le Gabon a fait douter la CAF de sa capacité à accueillir l’événement. Les Équato-Guinéens auraient même proposé de récupérer toute l’organisation de la CAN en cas de défaillance de leur voisin et rival gabonais, en difficulté sur ce dossier… Inconcevable et inadmissible pour les Gabonais, qu’ils soient fous de foot ou non.

Sous surveillance

Depuis lors, les autorités ont donc fait des chantiers de la CAN 2012 un dossier prioritaire, une question de fierté nationale. Remporter cette course contre la montre est devenu un des enjeux du premier septennat d’Ali Bongo Ondimba.

En juin, le président est descendu sur les chantiers, histoire de mettre la pression sur les maîtres d’œuvre. Il a par ailleurs dénoncé de mystérieux « actes de sabotage », visant surtout le site de la reconstruction de l’ancien stade de la capitale. Le Premier ministre, président du Comité de pilotage de la Coupe d’Afrique des nations (Copican), fait régulièrement le point sur l’avancement des travaux, conformément au souhait de la CAF, et l’État a demandé aux banques locales de lui accorder un financement de 175 milliards de F CFA (267 millions d’euros) pour lui permettre de payer les entreprises chargées des infrastructures de la CAN 2012 et ayant bénéficié des marchés dans le cadre du cinquantenaire du pays, dont les chantiers ont aussi pris un retard considérable, le décaissement des fonds s’étant fait attendre.

En juillet, Xu Liang, le patron de Shanghai Construction, l’entreprise qui construit aussi rapidement que possible le stade de l’Amitié-Sino-Gabonaise d’Angondjé, d’une capacité d’accueil de 40 000 places, dans la banlieue librevilloise, proposait de faire venir des ouvriers de Chine pour tenir la cadence, les 250 ouvriers gabonais et chinois qui se relaient sur le chantier n’étant pas assez nombreux pour terminer dans les temps l’ouvrage, qui doit être impérativement livré en juin 2011.

Inspection rassurante

Les 4 et 5 septembre, la quatrième mission d’inspection de la CAF, conduite, comme toujours, par le général togolais Seyi Memene, l’un des vice-présidents de la Confédération, a visité les stades d’entraînement et les chantiers hôteliers de Libreville, ainsi que le stade Omar-Bongo de la capitale, dont les travaux ont connu un coup d’accélérateur. Visite plutôt positive, cette fois, selon le Cocan, qui a précisé que les finitions de la tribune ouest sont achevées à 50 % et celles de la tribune est à 80 %.

À Franceville, les tribunes du stade de la Rénovation continuent de sortir de terre et, dans les deux autres villes du Haut-Ogooué, les experts ont constaté que de gros efforts ont été fournis pour rattraper les retards. À Moanda, le stade d’entraînement, équipé d’une tribune de 500 places, est presque fini et sera livré en juin 2011. Quant au « village sportif » de Bongoville, destiné à l’accueil de l’une des équipes engagées dans la poule basée à Franceville, il a pris forme : 12 villas de 5 pièces y ont été construites, qui pourront héberger plus de 70 personnes, ainsi que des suites susceptibles d’accueillir des personnalités et des membres de l’encadrement des équipes.

Une prochaine visite du Cocan est prévue au début du mois de décembre pour inspecter l’ensemble des infrastructures concernées par la compétition, y compris les routes, les hôtels, les hôpitaux et les aéroports. 

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MASCOTTE PROTÉGÉE


La mascotte de la CAN 2012.
© MURIEL DEVEY POUR J.A.

Les coorganisateurs de la CAN 2012 ont voulu placer la compétition sous le signe de la protection de l’environnement et ont choisi sa mascotte : un gorille d’Afrique centrale (espèce protégée), en tenue de footballeur aux couleurs des deux pays et baptisé Gagui, fusion de Gabon et Guinée.

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