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Marrakech, la nouvelle star

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Marrakech, une ville au passé glorieux

Mis à jour le 29 octobre 2010 à 08:25

On ne peut comprendre la situation actuelle de Marrakech sans faire un détour par son histoire contemporaine et la resituer dans celle du Maroc en général.

Au début du XXe siècle, la Ville Ocre a l’image d’une bourgade rurale, un peu arriérée et sous le joug des pouvoirs tribaux. Dans les années 1910, le richissime pacha Thami el-Glaoui la gouverne d’une main de fer. Très en cours auprès des autorités coloniales, il rend son lustre à la ville et prend enfin sa revanche sur Fès l’ennemie, qui a perdu le siège du sultanat.

Mais le pacha est aussi un féodal. Il s’arroge toutes les richesses, les meilleures terres et augmente outrageusement les impôts. Alors qu’à Rabat et à Casablanca les colons jettent les bases d’une économie moderne, Marrakech stagne. En 2008 encore, seules quinze des cinq cents plus grandes sociétés marocaines y ont leur siège.

Le pacha est également connu pour être un esthète à la folie des grandeurs. Grand voyageur, il rénove et construit des palais en y mêlant des influences venues du monde entier. En 1923, il crée le premier golf du Maroc, un joyau de botanique. Dans son palais de Bab Doukala, au luxe inouï, il reçoit somptueusement ses hôtes étrangers, fascinés par la magnificence des lieux. La Perle du Sud devient à la fois exotique, mystérieuse et raffinée. Joséphine Baker, Colette, Winston Churchill en sont les hôtes émerveillés. Si, à l’indépendance, la ville perd de son influence, elle a gagné le cœur des Européens. Dans les années 1960, le milliardaire Jean Paul Getty, la famille Ruspoli, les Rolling Stones, Truman Capote contribuent à la notoriété de la ville. Et continuent aujourd’hui de nourrir la légende.