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Marrakech, la nouvelle star

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Marrakech : les Africains en raffolent

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Mis à jour le 29 octobre 2010 à 08:36

De plus en plus de Subsahariens fréquentent le Maroc en général et Marrakech en particulier. Mais ceux qui y possèdent des propriétés rechignent à le révéler, vraisemblablement pour des raisons fiscales…

Guinéens, Maliens, Sénégalais, Ivoiriens… Ils sont de plus en plus nombreux à arpenter les larges avenues de Marrakech. Il est vrai que cette ville offre de sérieux avantages comparatifs par rapport à Paris ou à Genève. Elle est située en Afrique, ce qui signifie moins de temps de vol et de formalités pour l’obtention d’un visa. La vie y est moins chère en dépit de la hausse des prix au cours de ces dernières années. Le fisc y est moins regardant, et les acquisitions foncières y sont moins contrôlées. Et, ce qui ne gâte rien, les Subsahariens se sentent plus chez eux derrière les remparts de cette cité qu’en Europe, où les regards sont parfois pesants.

Difficile toutefois d’assumer ce qui ressemble à un exil fiscal. Nombre de décideurs politiques propriétaires avérés de riads ou d’appartements que nous avons interrogés se sont rétractés et ont exigé de ne pas être cités. « C’est mal perçu pour un homme politique de posséder des biens en dehors de son pays. Le précédent en France des “biens mal acquis” en a échaudé plus d’un », explique l’un d’entre eux. Un notaire réputé à Dakar qui possède une grande propriété à Marrakech rechigne à le révéler, sûrement pour des raisons fiscales.

En fait, seuls ceux qui ont décidé de s’installer à Marrakech jouent la carte de la transparence. Pour beaucoup, ce sont des hommes d’affaires, à l’image du Malien Aliou Boubacar Diallo, propriétaire du fonds d’investissement Mansa Moussa, concessionnaire d’une mine d’or dans son pays. Certains chefs d’État africains en vacances au Maroc ont également leurs habitudes à Marrakech, où ils sont logés au palais royal.