Politique

Un petit nouveau

Après des mois de querelle, Jean-Pierre Fabre a fini par claquer la porte de l’UFC et créer son propre parti.

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Mis à jour le 18 octobre 2010 à 13:32

Voilà qui ne va pas arranger les affaires de l’Union des forces de changement (UFC), principal parti d’opposition au Togo. Déjà affaibli par la guerre des chefs que se livraient, depuis le mois de mai, Gilchrist Olympio et Jean-Pierre Fabre, l’UFC devra désormais se passer d’une partie de ses militants. Jean-Pierre Fabre a en effet annoncé, le 10 octobre, la création de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) – une création avalisée par 90 % des membres du bureau politique de l’UFC, acquis à sa cause.

La brouille qui oppose Olympio et Fabre remonte à plusieurs mois. Le 4 mars, Fabre avait porté les couleurs de l’UFC lors de l’élection présidentielle. Mais, en mai, c’est Gilchrist Olympio qui a passé un accord avec le parti au pouvoir, le Rassemblement du peuple togolais (RPT), et obtenu sept portefeuilles ministériels pour l’UFC. Un ralliement que Jean-Pierre Fabre et ses sympathisants ont dénoncé avec virulence, avant de décider de claquer la porte de l’UFC.

Reste à savoir quelle sera la visibilité de l’ANC sur la scène politique togolaise. À Lomé, certains doutent de son utilité puisque Jean-Pierre Fabre dirige déjà le Front du rassemblement pour l’alternance et le changement (Frac). Ce à quoi l’intéressé répond que le Frac n’est pas à proprement parler un parti, mais une coalition (qui avait été créée pour soutenir sa candidature à la dernière présidentielle), et que l’ANC pourra ainsi s’affranchir de « l’ombre de M. Olympio ». « L’ANC peut avoir de l’avenir si elle a pour ambition de participer à la démocratisation de la société, résume Awokou Kokou, enseignant à l’université de Lomé. Mais si elle est juste l’affirmation d’une identité, je ne vois pas en quoi elle servira la cause des Togolais. »