Diplomatie

Abdoulaye Badié/Salou Djibo : les raisons de la rupture

Le général Salou Djibo, chef de la junte, peu après le coup d'État du mois de février. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Depuis le mois d'avril, le général Salou Djibo, leader de la junte nigérienne, recevait des rapports l'informant de projets de coup d'État, à son encontre, par son numéro deux, Abdoulaye Badié. Un désaccord sur la présence des forces françaises sur le territoire nigérien, dans le cadre des opérations contre Aqmi, aurait été l'élément déclencheur.

Le 22 octobre, l’ancien numéro deux de la junte nigérienne, le colonel Abdoulaye Badié, ainsi que les colonels Sidikou, Diallo, Sanda, Garba et le commissaire Chekaraou (ex-chef des renseignements) étaient toujours détenus, certains depuis une semaine, au camp de la gendarmerie de Niamey, dans le cadre d’une présumée tentative de coup d’État contre le général Salou Djibo. Selon des sources diplomatiques dans la capitale nigérienne, une profonde divergence entre ce dernier et le colonel Badié sur le rôle et la présence d’un détachement militaire français au Niger, après l’affaire des otages d’Arlit, aurait été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Le colonel Badié, rapportent ses proches, estimait en effet que les Français devaient installer leur base opérationnelle au Mali, où se trouvent les sanctuaires d’Al-Qaïda. Ce point est venu s’ajouter à une longue liste de désaccords entre les deux hommes, qui n’ont jamais été proches et qu’en plus tout séparait depuis qu’ils avaient, ensemble, renversé le président Tandja, au mois de février dernier. Dès avril et jusqu’à tout récemment, le général Djibo a vu atterrir sur son bureau quantité de rapports de police accusant son numéro deux de comploter contre lui (projet d’empoisonnement, tentative d’assassinat au ­stade de Niamey, séjour suspect du colonel Sanda au Burkina Faso, conspiration pour l’abattre à sa descente d’avion, et même… utilisation abusive du véhicule présidentiel par l’intéressé). En dépit des démentis systématiques du colonel Badié, le climat de suspicion, exacerbé par une partie de l’entourage du chef de l’État, était ­devenu intenable.

Le 8 octobre, Badié a appris son limogeage par la radio. Le 16, il était mis aux arrêts. En guise d’explication, le commandant de la gendarmerie lui a fait part d’une déposition du chef d’état-major des armées, le général Souleymane ­Salou, dans laquelle ce dernier affirme que Badié lui aurait tenu les propos suivants au téléphone, après une conversation orageuse : « Dans tous les cas, ça va changer. »

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