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Cet article est issu du dossier «Algérie : détours vers le futur»

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Échéance 2025 : aménagement du territoire pour plus de compétitivité

| Par Jeune Afrique
Vue de la baie d’Alger qui dans le futur devra faire la part belle aux équipements culturels.

Vue de la baie d'Alger qui dans le futur devra faire la part belle aux équipements culturels. © Zohra Bensemra/Reuters

L’État affiche ses priorités de développement : transport, logement, agriculture… À l’échéance 2025, six pôles de compétitivité devront revitaliser l’ensemble du territoire. Et, déjà, le monde rural recueille les fruits des efforts consentis.

Une course contre la montre. Voilà dans quoi s’est engagée l’Algérie pour rattraper les retards accumulés sur la voie du développement, après trois décennies de parti unique et d’économie dirigée, une décennie de violences islamistes (150 000 morts et des dégâts évalués à 15 milliards d’euros), et un plan d’ajustement structurel, imposé par le Fonds monétaire international (FMI), qui a accéléré son effondrement économique. Objectif : sortir du statut de pays à revenu intermédiaire pour passer à celui de pays émergent.

La tâche est immense. Aux énormes besoins sociaux auxquels tente de répondre la dépense publique (environ 200 milliards d’euros investis entre 2000 et 2010 dans les infrastructures de base, la santé et l’éducation) se greffent des spécificités qui rendent délicat le choix de stratégie de développement : 90 % de la population concentrée sur moins de 10 % du territoire, un monde rural fortement dépeuplé après dix années de terrorisme barbare, avec pour conséquences une agriculture en jachère, un tissu industriel dont l’obsolescence empêche tout redémarrage de la croissance, le tout sur fond de fuite des cerveaux.

C’est pourquoi les différents plans de soutien et de consolidation de la croissance sont accompagnés de deux programmes de développement spécifiques dédiés aux Hauts Plateaux et au Grand Sud, avec des enveloppes financières importantes (respectivement 40 milliards et 20 milliards d’euros).

Déconcentrer l’activité

Il s’agit d’augmenter l’attractivité des territoires, de déconcentrer l’activité économique de la seule bande du littoral, d’organiser les espaces urbains et ruraux de telle sorte que le développement soit harmonieux et équitable, de gommer les disparités régionales en termes d’investissements.

Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement d’Ahmed Ouyahia vise l’échéance 2025, sur la base d’une stratégie et d’un schéma : la stratégie industrielle et le Schéma national d’aménagement du territoire (Snat). L’Algérie de demain, qui se construit aujourd’hui, devra disposer de six pôles de compétitivité équitablement répartis d’un point de vue géographique.

En attendant, l’effort de mise à niveau se poursuit à un rythme soutenu. Les 30 agglomérations de plus de 100 000 habitants ont bénéficié d’une attention particulière, avec des programmes spécifiques consacrés à l’aménagement de l’espace urbain, à l’organisation des transports collectifs, à l’amélioration des conditions d’habitation, à des circuits de distribution commerciale et à des infrastructures socioculturelles (salles de spectacle, enceintes sportives, parcs d’attractions et de loisirs, etc.). Au fil des années, la modernité s’empare de plus en plus des villes algériennes.

Le monde rural n’est pas en reste. Au retour de la paix civile se sont ajoutés deux facteurs qui ont concouru au retour des populations qui avaient déserté les villages et hameaux isolés. D’une part, une nouvelle politique de subvention de l’activité agricole (1,5 milliard d’euros par an destinés au financement des intrants et à la subvention des équipements d’irrigation) a été mise en place. D’autre part, le programme de réalisation de logements (3 millions d’unités entre 2005 et 2014) concerne pour près de 15 % le milieu rural : soit 450 000 maisons nouvelles, fermes abandonnées réhabilitées et habitations dans la steppe appelées à sédentariser les populations nomades.

Un stress hydrique atténué

S’agissant de l’espace rural, les opérations de développement n’ont pas attendu l’échéance 2025 pour donner des résultats spectaculaires. L’usager de l’autoroute est-ouest (1 200 km traversant de part en part le littoral algérien) peut désormais admirer le magnifique spectacle qu’offrent les dizaines de milliers d’hectares de terres agricoles travaillées avec soin, les vignes qui ont redonné leur harmonie aux collines et l’impeccable alignement arboricole.

Le stress hydrique, qui a longtemps confiné l’agriculture dans la récession, a été sensiblement atténué grâce au maillage du territoire par des barrages et des retenues collinaires (65 barrages en 2010, contre 13 en 1999), ainsi qu’à la réalisation d’une vingtaine de stations de dessalement d’eau de mer.

Les six pôles identifiés par le Snat sont conçus à échelle régionale. Les territoires urbains et métropolitains étant les principaux leviers de la compétitivité, ces pôles devront être implantés autour des grandes agglomérations et des nouvelles villes (Sidi Abdellah au centre, Boughezoul dans les Hauts Plateaux et Hassi Messaoud dans le Grand Sud saharien).

Ils seront appuyés par un réseau d’une cinquantaine d’universités (dont une quarantaine ont été réalisées et sont déjà opérationnelles) et par une centaine de laboratoires et de centres de recherche équitablement répartis sur toute l’étendue du territoire. Pour sortir de la forte dépendance aux hydrocarbures, l’Algérie mise, outre sur l’agriculture et l’industrie agroalimentaire, sur l’innovation technologique, en spécialisant chacune de ses régions. Tout un programme.

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