Politique

L’affaire Terhzaz vue de Rabat

Mis à jour le 12 novembre 2010 à 16:48

Kaddour Terhzaz a été condamné au Maroc pour atteinte la sécurité intérieure de l’État. Selon Rabat, il serait un récidiviste.

L’ex-colonel-major des Forces armées royales (FAR) Kaddour Terhzaz, 72 ans, condamné en 2008 à douze ans de prison pour « divulgation de secrets militaires » et détenu depuis à la prison de Salé, a peu de chances d’obtenir pour l’instant la grâce royale qu’il demande. Motif, à en croire une source proche du dossier, Kaddour Terhzaz serait un récidiviste. Accusé en 1987 d’avoir placé des micros dans le bureau de son chef, le général Kabbaj, « au profit d’une puissance étrangère », assure cette même source à Rabat, il dut alors à une décision de Hassan II, qui prit en compte ses états de service, d’être simplement mis à la retraite anticipée, tout en conservant son logement de fonction, qu’il aurait « saccagé » vingt ans plus tard au moment où il devait procéder à sa restitution – une affaire toujours pendante en justice. « Aujourd’hui, non sans arrogance, sa famille exige une fois de plus sa grâce, une mesure de clémence dont il n’a déjà que trop bénéficié », conclut-on à Rabat.

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Droit de réponse à Sonia Terhzaz

La famille Terhzaz et ses avocats tiennent à répondre à certaines assertions contenues dans cet article.

L’accusation de mise à la retraite anticipée du colonel Kaddour Terhzaz est complètement fausse. Si cela avait été le cas, M. Terhzaz aurait alors été déféré devant les tribunaux compétents. Or il a joui en toute sérénité de sa retraite, sans entrave aucune à son droit de libre circulation. Il a été mis à la retraite, comme plusieurs de ses collègues, en 1995, à l’âge de 58 ans. D’autre part, les insinuations concernant les raisons de sa mise à la retraite sont extrêmement graves et relèvent de la calomnie. On l’accuse d’avoir, en 1987, placé des micros dans le bureau de son chef, le général Kabbaj, au profit d’une puissance étrangère. Et il n’aurait même pas été traduit devant une juridiction militaire ? Vingt et un ans plus tard, pourquoi n’est-il pas question, dans le jugement qui le concerne, de ces soi-disant faits si graves ?

La dernière accusation, selon laquelle Kaddour Terhzaz aurait volontairement procédé au « saccage » de son logement de fonction, est grotesque. Lors du procès, il n’en a d’ailleurs jamais été question ! Pensez-vous qu’un colonel-major de 71 ans, ancien numéro deux de l’armée de l’air, ait le moindre intérêt à saccager un logement de fonction ?

Une source dénonce « l’arrogance » de la famille Terhzaz. Cette même famille, mutilée par l’emprisonnement de leur mari et père, s’est tue pendant la première année de l’incarcération, demandant, avec humilité, à maintes reprises, sa grâce au roi Mohammed VI. Où est, là encore, l’arrogance ? Aujourd’hui, plus que jamais, elle en appelle publiquement à Sa Majesté le roi pour qu’il veuille bien accorder sa grâce à celui qui a vécu dans l’honneur et qui aujourd’hui est victime d’une injustice.