Politique

Tanger, l’ingouvernable ?

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« Enfin un capitaine dans le navire ! Tanger était à la dérive depuis des mois. Pour une ville qui ambitionne de devenir un pôle économique en Méditerranée, c’est inadmissible », s’insurge Myriam, directrice d’un hôtel en centre-ville. Le 1er novembre, comme beaucoup de Tangérois, elle a accueilli avec soulagement et scepticisme l’annonce de l’élection de Fouad El Omari, le nouveau maire. Après seize mois de blocage au conseil de la ville, ce Rifain de 36 ans, patron d’une entreprise de BTP, succède à Samir Abdelmoula, qui a démissionné le 20 octobre. Pourra-t-il réussir là où son prédécesseur a échoué ?

Élu en 2009, Abdelmoula passe alors pour l’une des recrues les plus prometteuses du Parti Authenticité et Modernité (PAM). Jeune, riche, influent, il incarne le renouveau économique et culturel de la capitale du Nord. Mais ne réussit pas à s’imposer face à un conseil composé d’anciens et où il ne dispose pas d’une nette majorité. « Il a fermé les robinets, refusé de déléguer et a été très attentif à la lutte anticorruption. Il n’en fallait pas plus pour monter le conseil contre lui », explique un journaliste tangérois. Inexpérimenté en politique, Abdelmoula s’est surtout fait remarquer par ses absences répétées. Depuis un an, le budget n’a pas été voté et le calendrier des réunions n’a pas été respecté.

Homme de gauche et défenseur de l’amazighité, Omari a un profil plus militant. Ancien de l’Union nationale des étudiants marocains (Unem) et de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), il dirige également l’association Touiza et son festival méditerranéen. Il est aussi le frère cadet d’Ilyas El Omari, grand défenseur de la cause du Rif. S’il n’est pas encore un politique aguerri, Fouad El Omari pourra compter sur une majorité plus solide. Décidé à ne pas perdre l’une des plus importantes communes du pays, le PAM a signé avec le Rassemblement national des indépendants et l’Union constitutionnelle un pacte de bonne gouvernance, après huit mois de tractations. « Nous espérons qu’il pourra s’élargir à d’autres villes et que les alliances locales ne se feront plus à l’aveuglette », explique Salah El Ouadie, porte-parole du PAM.

Aujourd’hui, les Tangérois attendent des résultats. En plein boom économique et immobilier, longtemps gangrenée par l’argent sale de la drogue, la ville est l’une des plus difficiles à diriger du royaume.

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