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Cet article est issu du dossier «Télécoms : la course à la 3G»

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Données informatiques : gigas en stock

Le continent compterait près de 70 data centers opérationnels ou en passe de l'être. © AFP

Pour être plus proches des clients utilisateurs, les centres de stockage de données (data centers) sont promis à un développement rapide en Afrique.

Les données numériques représentent actuellement 800 milliards de gigaoctets au niveau mondial et elles atteindront 36 000 milliards en 2020. Où stocker ces données – textes, photos, vidéos, musique – qui se multiplient à vitesse grand V ? Qu’il s’agisse des sites internet, des courriers électroniques ou de systèmes informatiques des entreprises, la solution consiste aujourd’hui à les externaliser auprès de centres de stockage de données, appelés data centers.

Des entreprises spécialisées fournissent le matériel informatique nécessaire mais aussi les services de gestion et de maintenance pour les héberger. « Au lieu d’acheter tous les équipements, les logiciels, les espaces de stockage plus la sécurité et l’entretien, vous achetez le service auprès d’un fournisseur et payez l’équivalent d’une location mensuelle pour ces produits », explique Russell Southwood, directeur de la société de conseil Balancing Act. Ce phénomène que l’on appelle informatique dématérialisée ou cloud computing se développe très rapidement.

Hébergement local

D’ici à trois ans, 20 % des entreprises occidentales ne posséderont plus leurs propres infrastructures informatiques, estime le consultant américain Gart­ner. « Le cloud computing permet de s’affranchir des investissements coûteux et de ne payer qu’en fonction du besoin, confirme Jérémie Bourdoncle, président de Hedera Technology, mais il permet aussi de mutualiser les compétences informatiques dans des structures spécialisées. »

Jusqu’à présent, les utilisateurs africains ont eu recours à des data centers basés en Occident. Mais cette solution trouve ses limites dans la faible puissance des connexions entre l’Afrique et les pays du Nord : « Les limitations en termes de bande passante et de débit du réseau de fibre optique africain restreignent l’accès aux applications les plus professionnelles », constate Jérémie Bourdoncle, pour qui la solution réside aujourd’hui dans l’hébergement local et donc le développement de data centers dans les pays africains eux-mêmes, au plus près des utilisateurs.

Le mouvement est lancé. Il existerait actuellement sur le continent près de 70 data centers opérationnels ou en cours de finalisation, selon un recensement effectué par Balancing Act. Le groupe américain GPX a fait de l’Égypte sa base pour la région Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord). Il y construit son second data center au Caire sur une superficie de 4 000 m2 pour un coût de plus de 19 millions d’euros.

Un des leaders sud-africains du secteur, Internet Solutions (IS), dispose de deux data centers, au Cap et à Johannesburg, totalisant plus de 4 000 m2. Un projet de 1 000 m2 devrait bientôt voir le jour en Tunisie. En Afrique subsaharienne, le parc est encore pratiquement inexistant, mais la demande est là : « Des banques, des sociétés pétrolières et même des entreprises moyennes sont prêtes à externaliser leur informatique », affirme Jérémie Bourdoncle. 

Défi énergétique

Mais les implantations locales se heurtent à plusieurs obstacles, à commencer par la contrainte énergétique. Les data centers sont en effet énergivores, en particulier pour climatiser les locaux et refroidir les ordinateurs, ce qui pose un problème dans les pays où la distribution électrique est faible et incertaine. Ces data centers doivent également être adaptés à la taille du marché, donc relativement modestes par rapport aux gros data centers occidentaux, ce qui pose un problème de compétitivité. Ils devraient également être modulables pour être rapidement rentables et grandir au fur et à mesure du développement de la demande.

Des entreprises commencent à proposer des solutions, comme Sun Microsystems, qui a conçu des data centers modulables et mobiles, embarqués dans des conteneurs ; ou Hedera Technology, qui teste actuellement des unités à faible consommation, dans la lignée des green data centers, plus écologiques car moins gloutons en kilowattheures. 

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