Diplomatie

Obama, l’Amérique et l’Islam

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Le couple présidentiel américain à la mosquée de l’Istiqlal, le 10 novembre.

Le couple présidentiel américain à la mosquée de l'Istiqlal, le 10 novembre. © Jason Reed/Reuters

À Jakarta (Indonésie), où il a passé une partie de son enfance, le président américain a de nouveau évoqué la difficile réconciliation de son pays avec l’Islam.

Lors de son bref séjour, les 9 et 10 novembre, en Indonésie, le plus peuplé des pays musulmans (207 millions de fidèles), où il a passé une partie de son enfance, Barack Obama n’a pas manqué l’occasion de revenir sur les relations entre les États-Unis et l’Islam.

En juin 2009, dans son désormais célèbre discours du Caire, il avait tenté de relever les ruines laissées derrière elle par l’administration Bush, en ce domaine comme dans d’autres. Et de donner auxdites relations un « nouveau départ ». L’Amérique et l’Islam ne sont nullement incompatibles, pas même en concurrence, avait-il expliqué. Ils ont des « intérêts communs », doivent se témoigner mutuellement « confiance » et « respect ». Ces propos avaient soulevé beaucoup d’espoir. Dix-sept mois après, où en est-on ? « Quelques progrès ont été accomplis, mais il reste beaucoup à faire », a reconnu Obama, au cours d’une conférence de presse donnée conjointement avec le président Susilo Bambang Yudhoyono.

C’est le moins que l’on puisse dire. De l’Afghanistan, où la coalition conduite par les Américains s’enlise dangereusement, au Proche-Orient, où les États-Unis se montrent pour l’instant incapables de relancer le processus de paix et même d’enrayer la colonisation israélienne des territoires palestiniens, sans parler du maintien d’une présence militaire en Irak ou des vicissitudes de la lutte antiterroriste, la politique menée par Obama déçoit le monde arabo-musulman. Sauf en Indonésie, sa popularité y est en berne.

« Nous n’avons jamais cru qu’il suffirait d’un discours pour éliminer l’incompréhension et la méfiance accumulées depuis longtemps, mais nous estimons être sur la bonne voie », a indiqué le président américain, résolu à « travailler d’arrache-pied pour trouver un terrain d’entente ». Avec l’Indonésie, par exemple, il est favorable à la mise en place d’un « nouveau partenariat global », qui, dans l’immédiat, se traduit par une série d’initiatives dans le domaine de l’éducation ou de l’investissement industriel. En avril, il a organisé à Washington une grande réunion d’entrepreneurs musulmans venus du monde entier.

Symboliquement, Barack Obama a tenu à visiter en compagnie de Michelle, son épouse, dûment voilée pour l’occasion, la mosquée de l’Istiqlal (« un lieu de culte qui était encore en construction lorsque je vivais à Jakarta »). Le couple présidentiel y a été accueilli par le grand imam Ali Mustafa Yaqub.

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