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Cet article est issu du dossier «Ciel africain : les compagnies en ordre de bataille»

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Marché africain : Airbus et Boeing jouent des ailes

| Par Jeune Afrique
En 2009, Airbus a vendu 498 avions de plus de 100 places, contre 481 pour Boeing.

En 2009, Airbus a vendu 498 avions de plus de 100 places, contre 481 pour Boeing. © Orlando Florin Rosu/Fotolia

Au coude à coude au niveau mondial, l’européen Airbus et l’américain Boeing guettent la reprise du marché africain, sur lequel 700 avions devraient être vendus d’ici à 2030.

Airbus et Boeing, les deux géants mondiaux de l’aviation, sont au coude à coude dans la guerre commerciale planétaire à laquelle ils se livrent : en 2009, Airbus a livré 498 avions de plus de 100 places ; et Boeing, 481 unités. La partie se joue sur plusieurs fronts : les caractéristiques des appareils, comme leurs prix et leurs performances, mais aussi les délais de livraison et, surtout, les conditions financières, objet de plaintes de part et d’autre de l’Atlantique auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), chacun dénonçant les atteintes de l’autre à la libre concurrence.

Et, dans ce choc de titans, l’Afrique est un marché qui ne laisse pas indifférent. « Nous sommes en contact étroit avec la quasi-totalité des compagnies aériennes africaines ou qui opèrent en Afrique », confie Jacques Rocca, directeur adjoint de la communication d’Airbus. Car, aujourd’hui, le marché africain est prometteur. D’abord, la croissance économique soutenue relance le trafic aérien. Ensuite, comme le faisait remarquer dernièrement Mike Warner, un des directeurs commerciaux de Boeing, lors d’un meeting au Cap, « la moyenne d’âge de la flotte aérienne africaine est de pratiquement 20 ans. Elle a besoin d’être renouvelée avec des avions plus performants et moins gourmands en kérosène ». 

12 A350-XWB pour Ethiopian

Boeing prévoit que les compagnies africaines commanderont plus de 700 avions, pour environ 80 milliards de dollars (58 milliards d’euros), dans les vingt ans à venir. L’enjeu est important, et chaque part de marché compte. Airbus a ainsi réussi un beau coup à la fin de l’année dernière en signant avec Ethiopian Airlines la vente de 12 unités du futur Airbus A350-XWB. L’européen fait ainsi son entrée chez le numéro quatre de l’aviation africaine, traditionnelle chasse gardée du constructeur américain.

Autre cible commerciale importante pour les deux avionneurs : la South African Airways (SAA), première compagnie aérienne africaine, qui se fournit chez l’un comme chez l’autre. SAA a commandé, en 2009 et 2010, 20 Airbus A320 livrables en 2013 et qui pourraient remplacer les Boeing 737-800 qu’il exploite actuellement. Ce beau contrat ne peut faire oublier le grave revers subi l’an dernier par le constructeur européen lorsque l’armée sud-africaine a annulé sa commande de 3,8 milliards d’euros pour 8 avions militaires de transport A400M, dernier-né de chez Airbus, victime d’importants retards dans sa mise au point. Le ministère sud-africain de la Défense a invoqué un retard de livraison et l’escalade des coûts. Silence de la part de la maison mère d’Airbus, EADS, pour qui le sujet – encore en pleine négociation – est très sensible. Car, si l’État sud-africain a bien respecté sa période légale de rétractation, les conséquences pécuniaires pour le groupe européen n’en seront pas moins importantes.

Course à la RAM

De son côté, les déboires de Boeing avec son nouveau long-courrier, le 787 Dreamliner, dont la commercialisation accuse également un important retard, a failli lui coûter cher au Maroc, un de ses bastions africains. Airbus aurait aimé saisir l’occasion pour briser le quasi-monopole de son concurrent auprès de la troisième compagnie aérienne africaine, Royal Air Maroc (actuellement, la RAM exploite 47 Boeing, contre seulement 4 Airbus). Mais après huit mois de négociations, la RAM a accepté en septembre un nouveau calendrier de livraison pour les cinq appareils moyennant compensations financières.

Un autre gros client africain, Egyptair, avec ses 59 avions, continue de partager sa flotte entre les deux constructeurs. D’ici à 2014, la compagnie prendra livraison de 6 Boeing 777, 8 Boeing 737 et 5 Airbus A330, une politique pratiquée par bon nombre de compagnies aériennes africaines qui leur permet, diplomatie oblige, de ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier.

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