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Cet article est issu du dossier «Ciel africain : les compagnies en ordre de bataille»

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Les difficultés de la formation du personnel naviguant

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Indispensable pour l'enseignement : posséder un simulateur de vol.

Indispensable pour l'enseignement : posséder un simulateur de vol. © D.R.

La croissance du trafic aérien en Afrique pousse les compagnies à trouver des cursus de formation sur le continent, moins chers qu’en Occident. Revue de détail.

Selon l’Association internationale du transport aérien (Iata), le trafic de passagers en Afrique en 2010 aura augmenté de 7,4 % par rapport à 2009. Avoir un personnel navigant africain bien formé est donc plus qu’une nécessité. Mais les formations recommandées par l’Organisation de l’aviation civile internationale (Oaci) sont interminables et coûteuses, notamment lorsqu’elles s’effectuent hors du continent. Par conséquent, les États préfèrent s’appuyer sur des compagnies africaines qui disposent de centres internationaux de formation plutôt que d’envoyer leurs ressortissants en Occident. Les personnels peuvent y suivre des cursus certifiants dans le cadre d’une réactualisation de leurs connaissances – lorsqu’ils sont déjà en fonction – ou diplômants – lorsqu’ils sont en formation initiale.

Très sélective

Les pilotes de ligne ont ainsi la possibilité d’intégrer la Royal Air Maroc Academy, filiale de la compagnie marocaine ouverte dans les années 1970. Depuis de nombreuses années, ses deux centres accueillent des pilotes sénégalais. En 2009, ils étaient deux parmi les cinquante diplômés au terme de 900 heures d’enseignement théorique et 210 heures de cours pratiques, entièrement financées par Air Sénégal.

Très sélective, cette formation de pilote nécessite que le candidat ait au préalable effectué avec succès deux années de classes préparatoires maths sup et maths spé, participé au concours de l’École nationale des pilotes de ligne et réussi les tests de sélection de la compagnie (visite médicale, test psychotechnique et psychomoteur…). Les épreuves comportent également une partie sélection sur simulateur de vol.

Pour 2011, les responsables de l’école promettent de s’ouvrir davantage à l’Afrique subsaharienne et misent sur la signature d’autres conventions avec, entre autres, la Guinée équatoriale, le Niger ou encore le Cameroun. Ils négocient par ailleurs avec l’Association des compagnies aériennes africaines (Afraa) pour d’éventuels déplacements de formateurs sur les sites clients. Un moyen idéal de réduire les coûts de formation, qui restent fort élevés en raison du nombre d’heures de vol qu’implique chaque programme : de 80 000 à 110 000 euros en moyenne pour un pilote de ligne.

Le privé aussi

Air France s’appuie par exemple sur un réseau d’établissements pour former en même temps des délégations issues de différents pays. En partenariat avec l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna), elle a contribué à l’ouverture, à Bamako, de l’Institut africain des métiers de l’aérien (Iama), au sein duquel les agents de trafic peuvent rafraîchir leurs connaissances lors de stages courts d’un mois environ. Quelque 1 500 agents de l’assistance en escale en sortent tous les ans.

Les rapprochements avec l’industrie aéronautique sont un autre moyen de profiter de multiples actions de formation. En partenariat avec le constructeur européen d’avions turbopropulseurs ATR (utilisés par 29 compagnies aériennes dans 20 pays africains), la sud-africaine Comair ouvrira en avril 2011 un établissement à Johannesburg et proposera des formations pour les différents modèles d’ATR : les candidatures de pilotes de ligne, d’instructeurs pilotes et celles de techniciens de maintenance avion, de techniciens spécialisés, de chefs de cabine et d’instructeurs PNC (personnel navigant commercial) y sont déjà recevables.

Enfin, les compagnies aériennes, qui forment en priorité pour leurs propres besoins et réservent finalement très peu de places aux candidats de la sous-région, ne sont plus les seules à proposer des parcours de formation. Le groupe marocain CFPNC, comme d’autres structures privées, dispose d’une dizaine de centres, dont trois en France et au Canada, et forme ses stagiaires à tous les métiers de l’aérien. Très présent au Sénégal, il tente désormais de s’implanter dans le reste de la sous-région.

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