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Cet article est issu du dossier «Ciel africain : les compagnies en ordre de bataille»

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Aéroport d’Accra : la fin du chantier approche

| Par Jeune Afrique
Ghana International Airlines, ancienne Ghana Airways, est contrôlée par l'État.

Ghana International Airlines, ancienne Ghana Airways, est contrôlée par l'État. © D.R.

La fin de la rénovation de l’aéroport d’Accra lui permettra de devenir le nouveau carrefour aérien régional.

Attention, travaux ! L’aéroport international de Kotoka, dans la périphérie d’Accra, a engagé d’ambitieux chantiers de rénovation. Il était grand temps ! La salle d’embarquement est désormais tellement exiguë que des cerbères doivent filtrer à l’entrée les trop nombreux accompagnateurs des voyageurs. Cela ne va pas sans heurts entre usagers et personnel aéroportuaire, au point que le ministre des Transports, Mike Hammah, est monté lui-même au créneau, en septembre dernier, pour engager les autorités à améliorer leurs efforts de communication concernant la mise à niveau en cours des infrastructures d’accueil.

En quelques années, l’aéroport d’Accra a atteint l’objectif que les dirigeants du pays lui avaient fixé en 2004 : devenir un hub ouest-africain en matière d’aviation civile. Tout a commencé avec la création de Ghana Airports Company Limited (GACL), né de la séparation d’avec l’Autorité ghanéenne de l’aviation civile (GCAA). GACL a été porté sur les fonts baptismaux en janvier 2006 et a effectivement commencé à remplir ses missions – gérer et développer au maximum le potentiel des quatre aéroports ghanéens – un an plus tard.

Aujourd’hui, l’entreprise, toujours entièrement contrôlée par l’État, est dirigée par une femme, Doreen Owusu Fianko, ancienne de Ghana Airways (aujourd’hui Ghana International Airlines) et de l’Office du tourisme ghanéen. Dans sa charte d’entreprise, elle met en valeur des thématiques telles que la sécurité, la qualité, l’intégrité dans les transactions, l’innovation et l’efficacité dans les opérations, pour rassurer le petit monde de l’aviation civile internationale.

À l’aéroport international de Kotoka (KIA), les plus grandes compagnies mondiales ont installé leurs comptoirs. Des africaines, à l’image de Nigeria Airways, de Kenya Airways et de Ethiopian Airlines, cohabitent avec la compagnie nationale Ghana International Airlines. Mais des « marques » encore plus prestigieuses sont également dans la place : Air France-KLM, Lufthansa, British Airways, Emirates, United Airlines, Delta Airlines… Signe des temps : ces derniers mois, de nombreuses compagnies ont commencé leurs activités à KIA.

Un îlot de quiétude

Turkish Airlines a commencé à relier Istanbul et Accra le 15 juillet dernier. Brussels Airlines relie désormais Accra et Bruxelles quatre fois par semaine depuis le même mois de juillet. Sur la route « historique » reliant Kotoka à l’aéroport de Londres-Heathrow, un nouvel acteur fait son apparition, cassant les codes et les prix au passage : Virgin Atlantic, qui assure trois vols par semaine depuis le 27 mai 2010.

C’est le même positionnement de challengeur que United Airlines exploite sur la « voie » menant aux États-Unis, longtemps dominée par Delta Airlines, qui relie Accra à New York et à Denver. Tandis qu’Air Namibia, de son côté, s’attaque au monopole de fait exercé par South African Airways sur les vols reliant les patries de Kwame Nkrumah et de Nelson Mandela. Qatar Airways, dont le hub se situe à Doha, la compagnie brésilienne Tam et Singapore Airlines ont aussi décidé de créer des lignes au départ et à destination d’Accra.

Les réformes institutionnelles et la libéralisation résolue du secteur aérien au Ghana jouent en faveur de l’aéroport international de Kotoka. L’attractivité globale du Ghana est également à prendre en compte. Pays stable, démocratique et anglophone, le Ghana mise sur sa riche histoire pour attirer un tourisme culturel et identitaire alimenté par la diaspora afro-américaine. Loin des désordres de Lagos, la grande ville du Nigeria, et des troubles sociopolitiques de ces dernières années en Côte d’Ivoire, Accra apparaît comme un îlot de quiétude pour de nombreuses compagnies internationales, qui peuvent aussi compter sur la qualité de son accueil hôtelier.

La forte croissance de l’économie ghanéenne (6,4 % en moyenne de 2007 à 2009), qui se répercute mécaniquement sur la croissance du secteur aérien (10 % en 2009), et les perspectives liées au début de l’exploitation pétrolière attisent forcément les appétits. La forte clientèle locale de voyageurs se rendant régulièrement aux États-Unis, en Grande-Bretagne ou aux Émirats, pour tourisme familial ou pour affaires, donne au marché une taille critique. Et le positionnement géographique du Ghana, facile à rejoindre, y compris par la route, de Côte d’Ivoire, du Bénin et du Togo, rend pertinent son projet de hub ouest-africain.

La crise financière de ces dernières années a par ailleurs révélé au monde la forte résistance du secteur aérien africain, qui a progressé, en 2009, de 54 % pour le fret et de 21,3 % pour le transport de passagers. C’est sans doute au regard de ces chiffres que la compagnie allemande Lufthansa a décidé de renforcer sa présence sur le continent, et d’attaquer Air France sur « ses » terres ouest-africaines, à partir de la capitale ghanéenne.

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