Politique

Bemba à la Haye : les enjeux d’un procès

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Mis à jour le 30 novembre 2010 à 16:10

La Cour pénale internationale (CPI) devrait envoyer des messages implicites lors du procès qui s’est ouvert le 22 novembre. Le premier s’adresse aux victimes en général. C’est un encouragement à faire appel à elle. Lointaine, certes, elle peut donner droit de cité à leur cas. Au moins 500 personnes ont subi des viols, des meurtres, des pillages quand, entre octobre 2002 et mars 2003, les troupes de Jean-Pierre Bemba ont porté secours au président centrafricain de l’époque, Ange-Félix Patassé, dans les environs de Bangui. À la CPI, contrairement aux autres juridictions internationales (sur le Rwanda ou l’ex-Yougoslavie), les victimes peuvent être représentées. Une vingtaine le seront au procès de Bemba. Le second message s’adresse aux émules potentielles des criminels. Il se veut dissuasif. Jean-Pierre Bemba n’était pas présent en Centrafrique lors des faits qui lui sont reprochés. Mais sa qualité de « chef militaire » suffit à son accusation. En clair, l’absence de la scène des crimes ou l’ignorance du comportement de subordonnés ne peuvent être des alibis pour leur responsable hiérarchique.