Économie

S2M met le cap sur la Bourse

Créé en 1983, l’un des leaders marocains de la monétique, affiche une santé étincelante. Le moment idéal selon son dirigeant, Aziz Daddane, et ses actionnaires pour introduire 30 % du capital à la Bourse de Casablanca.

Mis à jour le 2 décembre 2010 à 17:02

Aziz Daddane. © D.R.

La crise ? Aziz Daddane, président du directoire de la Société maghrébine de monétique (S2M), affirme « ne pas l’avoir sentie passer ». La croissance annuelle de son chiffre d’affaires, qui dépasse les 10 % depuis 2003, est moins importante cette année. Mais pour le dirigeant, « il n’y a pas là de quoi remettre en question le modèle économique et technologique de S2M ». Avec des revenus 2010 estimés à 13,2 millions d’euros (12,9 millions en 2009) et un résultat net de 1,6 million d’euros en 2010, la SSII marocaine dédiée aux logiciels de monétique et à la production de moyens de paiement (chèques, cartes bancaires et terminaux de paiement) est sereine.

Prochaine étape du développement : la cotation à la Bourse de Casablanca. Dans leurs locaux flambant neufs du Casanearshore, dans le quartier de Sidi Maarouf, Aziz Daddane et ses troupes (250 salariés au Maroc) attendent avec impatience le visa du Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM). « Rien n’est encore acté, mais nous espérons obtenir l’autorisation début janvier 2011, avec une introduction dans la foulée », indique Aziz Daddane.

Présent dans 20 pays africains

Depuis sa création en 1983 par Abdelhak el-Andaloussi (PDG du groupe Cofimag) en association avec la SSII française Sligos, S2M a réalisé un beau parcours, grâce à des produits conçus selon les meilleurs standards internationaux qui se diffusent progressivement sur le continent africain. Il a également su profiter de l’accompagnement des fonds Marocinvest et Africinvest (tous deux du groupe Tuninvest), qui ont racheté l’entreprise en 2003 et facilité les contacts clients au Maghreb et en Afrique subsaharienne.

Dans le royaume chérifien, S2M domine désormais le secteur des moyens de paiement : en 2008, il détenait 82 % du marché marocain de la production des cartes bancaires personnalisées. Côté solutions monétiques, S2M a installé ses logiciels dans 28 pays (dont 20 africains) auprès de 125 banques et institutions financières. Des clients aussi divers que BNP Paribas El-Djazaïr à Alger, Afriland First Bank au Cameroun ou encore la Banque internationale pour l’Afrique de l’Ouest (BIAO) à Abidjan ont adopté le système Multipac de S2M, qui s’est fait un nom sur le continent. Conforme aux normes européennes EVM (Europay Mastercard Visa), il permet aux clients de S2M de gérer toute la chaîne monétique initiée avec des cartes bancaires à puce, depuis le retrait ou le paiement jusqu’aux opérations de recouvrement bancaire.

Pour Brahim El Jai, directeur de Marocinvest, qui détient 85 % des parts de la société via les fonds Maghreb Private Equity Fund I et II, l’introduction arrive à point nommé : « Depuis notre arrivée au capital, S2M a multiplié par trois son activité et par quatre sa rentabilité, explique-t-il. Nous avons notamment accompagné sa croissance à l’export, particulièrement sur les marchés subsahariens. La société, une pépite dans notre portefeuille d’investissement, est maintenant solide, et le secteur monétique est positivement orienté. »

Aziz Daddane compte quant à lui sur l’épargne publique pour épauler les prochains développements de S2M vers l’Afrique subsaharienne : « Nous y sommes présents depuis la fin des années 1990, avec une forte progression depuis 2002, indique-t-il. Nous pourrions y installer une filiale en 2011, qui viendrait compléter celle que nous avons implantée en Tunisie en 2000. » Pour cette nouvelle entité, le président du directoire affiche sa préférence pour la Côte d’Ivoire, où S2M peut compter sur une base de clients étoffée.