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France – Maghreb : voyage au coeur des réseaux

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La main de l’Élysée

En France, le dossier libyen est d’abord l’affaire de l’Élysée.

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Mis à jour le 8 décembre 2010 à 18:16

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Depuis 2008, son secrétaire général, Claude Guéant, s’est rendu quatre fois dans le pays (son dernier voyage remonte à juillet). C’est que, après dix-huit ans de glaciation (conséquence de l’attentat libyen contre le DC-10 de la compagnie UTA en 1989), les relations ont été renouées au plus haut niveau. En décembre 2007, Mouammar Kadhafi a été accueilli en grande pompe par Nicolas Sarkozy à Paris après avoir accepté de faire libérer cinq infirmières bulgares et un médecin palestinien. Condamnés à mort par Tripoli au cours d’un ersatz de procès pour inoculation du virus du sida, ces derniers avaient pour avocat le Français Emmanuel Altit. D’autres robes noires sont familières de Tripoli. William Bourdon a eu comme client des membres du régime, et François Gibault a défendu le « Guide » dans le dossier du DC-10 d’UTA. Au Parlement, André Trillard préside le groupe d’amitié au Sénat – une mission qui était assurée à l’Assemblée nationale, jusqu’à son entrée au gouvernement le 14 novembre, par Patrick Ollier (le compagnon de Michèle Alliot-Marie). Côté affaires, si EADS est à l’offensive sous la houlette de Philippe Bohn (président Afrique), la reprise des relations reste timide et les « go-between » sont encore institutionnels : Michel Casals, président de la Chambre de commerce franco-libyenne, Hervé de Charette, celui de la Chambre de commerce franco-arabe, ou Pierre Berger (Vinci), à la tête du comité France-Libye au Medef International. En décembre, Michel Roussin, conseiller du président d’EDF, Henri Proglio, et vice-président du Medef International, emmènera un groupe d’hommes d’affaires à Tripoli. Autre passerelle, l’archéologie. À la baguette, l’helléniste et africaniste André Laronde (membre de l’Institut de France), qui s’est régulièrement rendu aux confins du Sahara pour mener des fouilles.