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Les ripostes à la concurrence chinoise

Mis à jour le 14 décembre 2010 à 14:07

Récemment nommé directeur général d’Alcatel-Lucent, Ben Verwaayen annonçait en janvier 2009 le retour des bénéfices dans les deux ans. Malgré un contexte international très difficile, le patron de l’équipementier a vu juste. Début novembre, sa compagnie a dévoilé un résultat net de 25 millions d’euros au troisième trimestre, à comparer avec une perte nette de 182 millions d’euros un an plus tôt. Pour la direction, ce redressement est le fruit d’une stratégie axée sur les dernières technologies, les marchés émergents et un important travail de réduction des coûts. Le retour à la profitabilité devrait se confirmer au cours des prochains mois.

En Afrique, Alcatel-Lucent a néanmoins perdu ces dernières années du terrain dans la réalisation des réseaux télécoms. Parmi ses principaux concurrents, les compagnies chinoises ZTE et Huawei. « Leur présence n’est pas nouvelle, commente Frédéric Sallet, vice-président Alcatel-Lucent pour l’Afrique du Nord, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Lorsqu’ils sont apparus, ils ont créé une dynamique, dans laquelle nous nous inscrivons. » Pour l’entreprise franco-américaine, la riposte s’est organisée autour de sa filiale chinoise Shanghai Bell, utilisée comme tête de pont pour la signature d’un certain nombre de contrats en Afrique. Une collaboration qui lui assure le soutien de Pékin et permet de proposer à ses clients des financements privilégiés. Ce fut par exemple le cas avec l’opérateur national Togocel, fin 2009, concernant l’extension de sa couverture GSM et la construction du premier réseau haut débit mobile 3G du pays.

Le groupe a en revanche confirmé son statut d’acteur de référence dans la construction de câbles en fibre optique. À preuve, la présence d’Alcatel dans les projets ACE (Africa Coast to Europe) et Wacs (West Africa Cable System) qui relieront l’Europe à l’Afrique du Sud, en passant par de nombreux pays de la côte ouest comme le Sénégal ou le Cameroun. Une multiplication des liaisons sous-marines qui favorise aussi la réalisation de réseaux terrestres. Là encore, le groupe de Ben Verwaayen tire son épingle du jeu en réalisant plusieurs chantiers en Afrique de l’Est, en Libye et au Mozambique.

Autre piste explorée plus récemment pour diversifier ses revenus : la construction de réseaux pour les entreprises, notamment dans le secteur pétrolier. Enfin, à partir de son savoir-faire d’équipementier, Alcatel développe depuis quelques années de nouveaux services de gestion de réseaux pour le compte des opérateurs. Plusieurs négociations sont actuellement en cours, notamment avec l’indien Bharti Airtel.