Société

RFI : nouvelle grille, nouvelle organisation

La mise en place de la grille des programmes de la saison 2011 de RFI, plus ouverte au divertissement, repose sur une organisation de la rédaction contestée par les syndicats.

Mis à jour le 14 décembre 2010 à 14:53

À en croire le grand patron, Alain de Pouzilhac, tout va bien à Radio France Internationale (RFI). Le PDG de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF), le holding qui fédère RFI, sa filiale arabophone Monte-Carlo Doualiya, France 24 et TV5 Monde, a profité de la présentation de la nouvelle grille de la station, le 17 novembre, pour faire étalage de bonnes nouvelles. À commencer par les finances : « Depuis 2009 et le départ volontaire de 206 salariés, la radio a retrouvé un équilibre financier pérenne », assure le PDG. Autre satisfecit : les audiences. Pour RFI, la hausse entrevue au second semestre 2009, essentiellement en Afrique francophone (+ 600 000 auditeurs), s’est confirmée lors des six premiers mois de l’année 2010, avec 1 million de nouveaux auditeurs en Afrique francophone. Selon Christine Ockrent, la directrice générale déléguée, la grille 2009-2010 a donné entière satisfaction.

Rompre avec l’afropessimisme

Pas de révolution, donc, pour cette nouvelle saison. RFI donnera « plus de place au divertissement avec un accent mis sur la musique francophone et le football », mais ne chamboulera pas ses programmes. Deux émissions hebdomadaires disparaissent : Microscopie, l’excellente émission d’Édouard Zambeaux, dont la suppression fait des vagues en France, et Médias d’Afrique, d’Alain Foka – « après quinze ans, il était fatigué », affirme Christine Ockrent. Ce dernier hérite pourtant de deux nouveaux rendez-vous dominicaux : Afrique plus, une émission « pour rompre avec l’afropessimisme », qui mettra en avant des « décideurs dynamiques », et Le Débat africain. Autres nouveautés : une émission consacrée au ballon rond à laquelle les auditeurs sont appelés à participer (Radio Foot Internationale, les lundis, mercredis, jeudis et vendredis) et un rendez-vous politique tous les mardis soirs (Mardi politique). Côté infos, la matinale gagne une heure – RFI propose notamment, à partir de 4 h 30 temps universel, une demi-heure d’informations consacrée à l’océan Indien.

« Casse-tête »

Cette nouvelle grille repose sur « une rédaction unique, multilingue et multisupport », matérialisée par la tenue quotidienne d’une conférence de rédaction réunissant toutes les langues. Auparavant, les différentes équipes étaient autonomes ; désormais, elles travaillent ensemble dans le but d’élaborer « une ligne éditoriale commune et cohérente ». Vantée par la direction, désireuse de « décloisonner les rédactions », cette nouvelle organisation est contestée par les syndicats et des journalistes, qui parlent d’un « casse-tête ». « Comment des chefs de service peuvent-ils encadrer des journalistes qui travaillent dans une langue qu’ils ne maîtrisent pas ? » s’interroge un élu syndical.