Sport

Fête et gueule de bois à la Fifa

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La Fifa pensait en avoir terminé avec les affaires de corruption liées à l’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022 et mettant en cause plusieurs de ses membres, dont certains – le Nigérian Amos Adamu et le Français (de Tahiti) Reynald Temarii – appartiennent au comité exécutif. Mais devant l’ampleur du scandale révélé par les journalistes du Sunday Times le 17 octobre, l’instance s’est résolue à suspendre l’Africain pour trois ans et le Polynésien pour un an, ainsi que d’autres responsables, dont le Tunisien Slim Aloulou, le Botswanais Ismael Bhamjee et le Malien Amadou Diakité, pour des périodes allant de un à quatre ans.

Le 28 novembre, à Zurich, coup de théâtre. À l’aube d’un 2 décembre érigé en jour de fête du football planétaire, et qui a fait de la Russie et du Qatar les organisateurs des éditions 2018 et 2022, le journal suisse SonntagsZeitung révèle que plusieurs membres du comité exécutif de la Fifa et un membre du Comité international olympique (CIO) auraient reçu de l’argent destiné à influencer leur vote pour le choix des pays hôtes. Le lendemain, un reportage diffusé par la BBC mettait nommément en cause trois personnalités de la Fifa.

Selon le journaliste Andrew Jennings, auteur du documentaire et persona non grata à la Fédération depuis la publication de son livre Carton rouge ! Les dessous troublants de la Fifa, plusieurs hauts responsables de l’instance, dont le Camerounais Issa Hayatou, le Brésilien Ricardo Teixeira et le Paraguayen Nicolás Leoz, tous trois membres du comité exécutif, auraient reçu de l’argent de deux sociétés, ISL et Sanud, entre 1989 et 1999, pour un montant total de 100 millions de dollars étalé en 175 versements. Le premier, président de la Confédération africaine de football (CAF) et membre du CIO, a confirmé à nos confrères de RFI avoir reçu en liquide 100 000 francs français (15 200 euros) en 1995 de la société ISL, détentrice des droits de plusieurs Coupes du monde jusqu’à sa disparition en 2001. Mais Hayatou a ajouté que cette somme lui avait été versée à l’occasion du 40e anniversaire de la CAF et, interrogé sur l’enquête que le CIO a décidé d’ouvrir, affirme avoir « la conscience tranquille ».

Teixeira, président de la Confédération brésilienne de football depuis 1989, aurait quant à lui reçu 9,5 millions de dollars d’ISL, et Leoz, qui dirige la Confédération sud-américaine de football, 730 000 dollars. Après enquête, la justice suisse avait classé l’affaire en juin 2008. Elle rebondit aujourd’hui.

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