Politique

Khalil Dkhil, le sauveur ?

En signe d’apaisement après les événements de novembre, le roi Mohammed VI nomme un Sahraoui gouverneur de la province de Laayoune. Une première.

Mis à jour le 15 décembre 2010 à 16:43

« L es gens sont très heureux et attendent avec impatience l’arrivée du nouveau wali, Khalil Dkhil. Il vient de la tribu très respectée des Reguibat, il parle le dialecte hassani et on pense qu’il saura résoudre les problèmes sociaux auxquels la région est confrontée », s’enthousiasme un journaliste de Laayoune TV. Né lui-même à Laayoune, en juin 1945, Khalil Dkhil a été nommé le 26 novembre par le roi Mohammed VI wali de la région Laayoune-Boujdour-Sakia el-Hamra et gouverneur de la province de Laayoune, une première pour un Sahraoui.

Près de vingt jours après le drame du camp de Gdeim Izik, cette nomination a été accueillie comme un signe d’apaisement par la population de la région. Diplômé de l’école supérieure de commerce de Grenade, Dkhil, ancien membre du Parti de l’union nationale sahraouie (Puns, mouvement indépendantiste proespagnol rival du Polisario), est un « rallié » de la première heure. Ambassadeur du Maroc à La Havane de 1975 à 1979 puis à Belgrade de 1979 à 1982, il est nommé gouverneur de la province d’Es-Smara en 1983, où il restera dix ans et laissera à ses administrés le souvenir d’un homme doué pour l’écoute et le dialogue. Gouverneur de Chefchaouen en 1994, puis de Boulemane en 1998, il est détaché à l’administration centrale du ministère de l’Intérieur depuis 1999.

Quant à son prédécesseur, Mohamed Jalmous, 58 ans, il a été nommé à la tête de la région Doukkala-Abda, sur la côte atlantique. Dans le landerneau politique, on murmure que s’il n’a pas été brutalement écarté pour sa mauvaise gestion de la crise de Laayoune, c’est avant tout grâce à la protection de son ami Fouad Ali El Himma, patron du Parti Authenticité et Modernité (PAM). Mais son arrivée dans le port de Safi est loin d’être considérée comme une promotion.