Politique

Doucement le matin et pas trop vite le soir

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Mis à jour le 15 décembre 2010 à 16:48

Le secrétaire général de l’Union du Maghreb arabe (UMA), le Tunisien Habib Ben Yahia, a annoncé le 1er décembre à Alger l’instauration en 2011 d’une zone de libre-échange entre les cinq États membres (Algérie, Maroc, Tunisie, Libye, Mauritanie). Retenue en 1991 dans la foulée de la constitution de ce regroupement régional, l’idée d’une zone de libre-échange a nécessité près de vingt ans « d’âpres négociations entre spécialistes pour préserver les intérêts de chacun des États membres », a expliqué Ben Yahia en marge d’une réunion interministérielle consacrée à la sécurité alimentaire au Maghreb. La fin de ces « âpres négociations » ouvre la voie à une procédure d’adoption qui prévoit, dans un premier temps, la tenue d’une réunion des cinq ministres du Commerce, puis une ratification par les chefs de la diplomatie. L’objectif est de doper le volume des échanges de produits agricoles. Selon un expert algérien, les importations cumulées des cinq pays en matière de biens alimentaires représentent un volume annuel de 30 milliards de dollars (23 milliards d’euros), dont moins de 3 % seulement concernent des échanges intermaghrébins.

La mise en œuvre d’une zone de libre-échange est-elle compatible avec le maintien de la fermeture des frontières terrestres entre l’Algérie et le Maroc ? Pour certains, cela sera difficile mais pas impossible. « Il s’agit de mettre en place la législation et les mécanismes facilitant la libre circulation des marchandises et des capitaux, affirme un participant à la réunion d’Alger. Mais les problèmes politiques devront un jour ou l’autre être aplanis. »

Le Maghreb ne semble pas pressé. S’il a fallu vingt ans « d’âpres négociations » pour la mise en œuvre de la zone de libre-échange, la réunion d’Alger a retenu l’échéance de 2030 pour que la sécurité alimentaire des cinq États soit assurée par des produits maghrébins. Doucement le matin et pas trop vite le soir…