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Investir au Maroc pour investir en Afrique

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Les nouvelles cibles de la stratégie économique

Pour diversifier les sources d’investissements étrangers, les autorités marocaines lancent une offensive en règle. Objectif : les entreprises européennes, asiatiques, nord et sud-américaines. Tactique : le démarchage à domicile et les roadshows économiques aux quatre coins de la planète.

Mis à jour le 21 décembre 2010 à 10:32

L’Amdi démarche les investisseurs et leur apporte le soutien nécessaire. © D.R.

Depuis près de deux ans, la stratégie déployée par les autorités marocaines pour développer les investissements étrangers dans le royaume s’aiguise. Objectif : approfondir les liens avec les investisseurs traditionnels et en attirer de nouveaux. Loin d’attendre que ces derniers se manifestent, le pays s’est engagé dans une campagne « offensive » pour promouvoir sa compétitivité en tant que plate­forme de production et de réexportation, à la fois pour le marché européen et pour l’africain, en particulier dans les secteurs concernés par son Pacte national pour l’émergence industrielle. Bras armé des autorités marocaines dans cette croisade promotionnelle : l’Agence marocaine pour le développement des investissements (Amdi). Créé en février 2009, l’établissement public applique énergiquement les pratiques proactives du management privé.

Partenariats européens élargis

Avec 38 entreprises du CAC 40 présentes dans le pays et 750 sociétés y disposant de filiales, la France reste le premier investisseur étranger au Maroc, avec 7,5 milliards de DH (663 millions d’euros) d’investissements en 2009, suivie de l’Espagne (1,6 milliard de DH). Il existe cependant un fort potentiel de développement des investissements directs étrangers (IDE) français et espagnols, puisque le Maroc ne représente que 0,6 % du total des flux d’investissements à l’étranger des deux pays. L’Amdi est donc passée à l’action : ouverture de bureaux de représentation à Paris et Madrid en mai, lancement d’une campagne dans les principaux médias en juin, ciblage et démarchage d’entreprises susceptibles d’investir au Maroc…

« La part des investissements français et espagnols continuera d’être dominante, mais il faut savoir élargir ses horizons », explique Fathallah Sijilmassi, le directeur de l’Amdi. L’agence a donc ouvert des bureaux en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni, avec une attention particulière pour ce dernier, qui abrite la première place financière du monde. Des bureaux de représentation seront par ailleurs inaugurés début 2011 à New York et dans les pays du Golfe. Puis en Asie.

Bouchées doubles en Asie

« Les entreprises américaines et asiatiques ignorent encore pour la plupart les avantages de notre pays en termes de compétitivité. Or, beaucoup d’entre elles, qui sont installées en Europe, peuvent envisager une extension d’activité au Maroc, souligne Sijilmassi. Dans une logique globalisée, la notion de hub régional prend sa véritable dimension, et le Maroc a donc, aujourd’hui, de véritables opportunités à saisir. Et comme nous vivons dans un monde concurrentiel, nous devons mettre les bouchées doubles. »

Parmi les investisseurs à conquérir : les Bric – Brésil, Russie, Inde, Chine. La contribution de ces derniers aux investissements internationaux est passée de 2 % en 2003 à 9 % en 2009. Par ailleurs, le continent africain attire toujours davantage d’IDE, avec déjà plus de 22 milliards d’euros d’acquisitions transfrontières en 2010, dont 28 % provenant d’Asie.

C’est donc le moment ou jamais, comme le souligne Fathallah Sijilmassi, « d’inciter les entreprises asiatiques désireuses de développer leurs affaires sur le continent africain à choisir la plateforme marocaine, qui permet à la fois d’offrir un accès aux marchés africains et aux marchés méditerranéens, européens et américains ».

Après la tenue au Japon, mi-novembre, d’une conférence sur les opportunités d’investissements dans le royaume, un roadshow affrété par les autorités marocaines est donc allé à la rencontre des entreprises de quatre villes chinoises, du 28 novembre au 4 décembre. Des visites similaires sont prévues en Inde et au Brésil au cours du premier trimestre 2011.