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Investir au Maroc pour investir en Afrique

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Exportations : un business plan africain

Pour assurer leur croissance, les entreprises marocaines cherchent de nouveaux marchés à l’étranger. D’où la mise en place d’un business plan pour le continent.

Mis à jour le 21 décembre 2010 à 10:36

Attijariwafa Bank est entrée dans le capital de la CBAO au Sénégal en 2007. © D.R.

La « caravane de l’export en Afrique », affrétée par le centre marocain de promotion des exportations, effectue, du 5 au 13 décembre, sa troisième tournée. Quatre étapes au programme : Mauritanie, Gambie, Burkina Faso et RD Congo. Saad Benabdallah, directeur général de Maroc Export, emmène en mission de prospection commerciale une centaine d’entrepreneurs opérant dans l’agro-industrie, l’électricité, la finance, la pharmacie et les technologies de l’information. Lancé en décembre 2009, le dispositif a déjà « visité » dix pays en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.

Proximité francophone

La part de l’Afrique ne cesse de croître dans les exportations marocaines. De 5,3 % en 2008, elle devrait dépasser 8 % en 2010. « L’objectif est d’atteindre 20 % d’ici à 2018, explique Saad Benabdallah. Nous avons une proximité culturelle avec les pays francophones et pouvons nous appuyer sur un réseau bancaire qui facilite les transactions avec le Maroc. » BMCE Bank est désormais présent dans une dizaine de pays africains. Il est l’actionnaire majoritaire de Bank of Africa (BOA) et détient des participations dans le capital de la Congolaise de banques et de la Banque de développement du Mali.

La Banque centrale populaire possède quant à elle une filiale en Guinée et une autre en Centrafrique. Enfin, Attijariwafa Bank a démarré son expérience continentale en 2005, en Tunisie, en entrant dans le capital de la Banque du Sud (devenue Attijari Tunisie) et, en 2007, dans celui de la Compagnie bancaire de l’Afrique occidentale (CBAO). Fin 2008, le groupe a repris cinq filiales du Crédit agricole : Société ivoirienne de banque, Crédit du Sénégal, Crédit du Congo, Union gabonaise de banque, Société camerounaise de banque.

D’autres champions nationaux – et, dans leur sillage, des PME-PMI – ont fait de l’Afrique l’une de leurs principales sources de croissance. La Royal Air Maroc y étend régulièrement son réseau. Maroc Télécom est actionnaire majoritaire des opérateurs mauritanien (Mauritel), burkinabè (Onatel), gabonais (Gabon Télécom) et malien (Sotelma-Malitel). L’Office national de l’eau potable (Onep) et celui de l’électricité (ONE), en phase de rapprochement, ont tous deux décroché de nombreux contrats tant en Afrique de l’Ouest qu’en Afrique centrale.

L’Office chérifien des phosphates (OCP), qui mise sur le développement agricole du continent, est en train d’établir une cartographie des sols afin de proposer des fertilisants adaptés à chaque région. Quant à la filiale minière de l’ONA, Managem, elle exploite des gisements de minerais en Guinée, au Mali, au Burkina Faso, au Niger et, depuis mai, au Gabon, avec la mine aurifère de Bakoudou, un investissement de 25 millions d’euros.