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Quel avenir pour la « vieille dame » de Bizerte ?

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Mis à jour le 20 décembre 2010 à 12:40

Située à quelques centaines de mètres du pont-levis, voie d’accès obligatoire en venant de Tunis, la raffinerie de Bizerte a été, en 2010, inopérante pendant plus de six mois.

Selon des sources officielles, l’activité de raffinage a même baissé de 80 % sur l’ensemble de l’année. En cause, la maintenance, ou plus exactement la réparation de pannes techniques. Rien que durant les trois dernières années, on a relevé neuf incidents présentant des risques élevés en matière de sécurité (deux en 2008, trois en 2009 et quatre durant le premier semestre de 2010).

Selon les spécialistes, le coût des réparations pour 2008 et 2009 s’est élevé à 25 millions de dinars (12,9 millions d’euros). Pour 2010, la facture pourrait être plus lourde. Et une réhabilitation totale nécessiterait un investissement de plus de 350 millions de dinars. Sauf que tout cela n’est pas connu du public. On continue donc de célébrer la « vieille dame », qui réalise un chiffre d’affaires de plus de 1 milliard de dinars par an, ce qui la place en tête des grandes entreprises tunisiennes. On oublie qu’elle dispose d’un monopole sur les importations de produits pétroliers raffinés et qu’elle ne produit que du gasoil et de la benzine ne répondant pas aux normes européennes, avec une capacité théorique de 1,7 million de tonnes par an. La vérité est que la Société tunisienne des industries du raffinage (Stir) date de 1961 et que, compte tenu du fait que la durée de vie moyenne d’une raffinerie est de quarante à cinquante ans, les montants investis pour colmater les brèches ne font que transformer la raffinerie en un tonneau des Danaïdes.

Autre problème, la sécurité du personnel et des riverains. La raffinerie est située au beau milieu d’une zone à forte densité urbaine. Il y a des habitations à 120 m du lieu où est stocké le gaz. En cas d’accident, 30 000 à 40 000 personnes, au bas mot, seraient directement exposées…