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Face aux Wade, qui ?

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Le nouveau venu Cheikh Bamba Dièye

Mis à jour le 6 janvier 2011 à 12:32

Cheikh Bamba Dièye est peu enclin aux déclarations fracassantes. Il n’en a pas moins l’intention de devenir un acteur du changement dans son pays. C’est sans doute pourquoi, à 45 ans, le maire de la capitale du Nord, Saint-Louis, élu sur les listes de la coalition Benno Siggil Sénégal (BSS, opposition), dont il est l’un des fondateurs, se découvre des adversaires parfois inattendus.

Fin octobre, le chef du Front pour le socialisme et la démocratie/Benno Jubël (FSD/BJ), dont on dit dans les milieux politiques qu’il ne représente rien, a d’ailleurs fait la une des journaux à la suite d’une sortie de Serigne Mbaye Thiam, un cadre du Parti socialiste (PS, membre du BSS), contre lui. Ce dernier estime que Dièye s’est « auto-exclu de Benno en multipliant les absences aux réunions ». Réponse de l’intéressé, joint par Jeune Afrique : « L’opposition doit être solidaire et se concentrer sur les débats d’idées, les stratégies, pour mettre un terme aux méthodes de gestion et de gouvernance qui ont prévalu pendant cinquante ans, et proposer aux populations un programme de développement sérieux. L’heure est aussi à la relève et au rajeunissement de la classe politique. » Et de conclure : « Je respecte trop les Sénégalais pour dire n’importe quoi. Et je suis fier d’avoir subi ces attaques ! »

Pour ce candidat malheureux à la magistrature suprême en 2007, entré en politique en 1995 avec son père (décédé en 2002), c’est finalement le début de la reconnaissance. Mais point de bataille médiatique en vue. Il préfère un investissement sans faille dans sa mairie. Son ambition : faire de Saint-Louis une ville propre, riche, touristique et pourvoyeuse d’emplois. Une mission qu’il dit ne pouvoir réussir sans collaborer avec l’État, mais qui n’affecte en rien son engagement dans l’opposition.